Montréal, 10 février 2010 (Sportcom) – Médaillé d’argent à la Coupe du monde d’épée de Lisbonne dimanche dernier, Hugues Boisvert-Simard reçoit le titre de l’Athlète Sportcom de la semaine du 8 février 2010. Il s’agissait d’un deuxième podium en Coupe du monde pour l’escrimeur âgé de 28 ans, lui qui avait également mérité une médaille d’argent, à l’étape de Berne, en février 2009.
Si l’athlète de Québec est toujours seul sur la piste en compétition, il était également en solitaire lors de son passage dans la capitale portugaise. Ce n’est qu’à la dernière minute que l’athlète du club Estoc a décidé de s’inscrire à cette compétition.
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Photo Caroline Larose, Sportcom
Hugues Boisvert-Simard cogne à la porte du Top-10 mondial.
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« Tous les athlètes des autres nations avaient leurs entraîneurs avec eux, alors j’aurais aimé gagner en étant tout seul », lance-t-il à la blague. « En fait, je devais rentrer à la maison après la Coupe du monde de Legnano (Italie), mais j’ai décidé de venir à Lisbonne. Je pouvais perdre beaucoup de points d’ici la prochaine Coupe du monde et même peut-être sortir du Top-16 mondial, alors je suis allé à Lisbonne pour conserver ma place au classement mondial. »
L’étape portugaise n’avait pas été retenue par la Fédération canadienne d’escrime parmi celles qui donneraient des points pour le classement canadien, ce qui explique pourquoi d’autres Canadiens n’étaient pas présents.
Est-ce qu’être un seul homme sera sa nouvelle recette gagnante pour monter sur le podium?
« La prochaine fois, je vais leur dire (aux entraîneurs) de rester à l’hôtel », dit en riant celui qui n’a visiblement pas eu de problèmes à bien préparer sa compétition.
De plus en plus près du sommet
L’épéiste est en progression constante et il pointe désormais au 12e rang mondial. Il a donc été plus ou moins surpris de se retrouver en finale contre le Suisse Max Heinzer, où il a été défait 15-13, non sans avoir pris les devants 9-6 durant le match.
« J’étais classé deuxième favori à cette Coupe du monde, alors j’ai assuré mon classement. Même s’il y avait un peu plus de monde qu’à la compétition de l’an dernier en Suisse où j’étais monté sur le podium, ma médaille de cette semaine est différente. Elle confirme que ma première n’était pas qu’un simple coup de chance et elle démontre que je suis en pleine progression au classement mondial. Disons qu’elle arrive à un très bon moment! »
Le prochain objectif de Boisvert-Simard sera de répéter cette performance dans des compétitions plus relevées, notamment dans les épreuves de type Grand Prix. « Il y a cinq Grands Prix par année et dix Coupes du monde. J’ai fini dixième au Grand Prix de Legnano il y a une dizaine de jours et c’était la première fois. »
« Ça fait seulement deux ans que j’ai commencé à faire des Coupes du monde. J’ai fait mon premier podium l’an dernier et je comprends de plus en plus de choses. Je vois ça comme le début de ma carrière et peut-être que d’ici un an ou deux, je vais atteindre mon sommet. Après, ça sera d’essayer de le maintenir pendant quatre ou cinq ans », explique celui qui visera une participation olympique aux Jeux de Londres et même peut-être à ceux de Rio.
Maître en maniement d’armes
En plus de manier l’épée, Hugues Boisvert-Simard manie d’autres armes qui n’ont rien à voir avec l’escrime. Dans la vie de tous les jours, l’athlète est un employé au premier bataillon du Royal 22e régiment de l’armée canadienne, à Valcartier, où son travail consiste à faire l’inventaire de l’utilisation des véhicules et des armes afin de s’assurer qu’ils soient entretenus de façon optimale.
L’épéiste se dit heureux de pouvoir compter sur l’appui de son employeur, ce qui est beaucoup plus commun chez les athlètes européens, tant en escrime que dans d’autres sports d’origine militaire comme le tir ou le biathlon.
« Les escrimeurs Allemands sont payés 40 000 Euros (environ 58 000 $CAN) par année et ils travaillent une journée par mois. Le reste du temps, ils s’entraînent. »
Même si le Québécois n’a pas le même traitement que ses homologues allemands, il sent privilégié d’être dans sa situation.
« Je suis quand même chanceux, car je suis le seul escrimeur au Canada à profiter de telles conditions, alors je ne suis pas à plaindre. Par contre, je n’ai pas reçu tout cela tout cuit dans le bec et j’ai dû travailler pour avoir ces conditions », a conclu celui qui représentera le Canada aux Championnats du monde militaires d’escrime, à la fin avril, au Venezuela.
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