Surf des neiges

Indrik Trahan passe de l’alpin au snowboard cross

Trahan, Indrik_PGS
 
Indrik Trahan

Montréal, 3 décembre 2015 (Sportcom) – Le médaillé de bronze au slalom en parallèle des mondiaux juniors 2013 de surf des neiges Indrik Trahan change de discipline : il délaisse les épreuves alpines pour celles de snowboard cross. Afin de faciliter sa transition, il travaillera sous peu avec la multiple championne de la Coupe du monde, Dominique Maltais.

Le planchiste de Trois-Rivières a commencé à réfléchir à son avenir sportif après avoir raté sa qualification aux épreuves olympiques alpines des Jeux de Sotchi. Le calendrier de fin de saison étant maigre en compétitions alpines, Trahan a fait le choix de participer à une Coupe NorAm de snowboard cross au mont Tremblant.

« J’en avais déjà fait. Je me suis dit pourquoi pas? Et j’ai obtenu un bon résultat sans m’entraîner (de façon spécifique). À la fin de la saison, j’avais ma place dans l’équipe nationale en alpin et en snowboard cross », avance celui qui a terminé 29e au slalom en parallèle des mondiaux de l’an dernier. « Je me suis demandé si je lâchais tout ça afin de me concentrer sur mes études ou si je changeais de discipline. J’en ai discuté avec l’entraîneur national et Dominique m’a joint peu de temps après. »

Trahan croit que ses années en alpin vont lui procurer un avantage dans sa transition.

« C’est surtout dans les virages et lorsque le parcours commence à être un peu plus défait (que je serai avantagé). Par contre, on descend au coude à coude et il faut démontrer d’autres aptitudes. J’ai toujours dit que le snowboard cross c’est du snowboard alpin en 3D! »

L’expérience de Maltais sera un atout indéniable selon lui. « Les départs sont très importants en snowboard cross. Dominique les a beaucoup pratiqués. Elle a aussi des ressources en préparation physique et c’est sans parler de toute son expérience et de son intensité. »

Du même souffle, l’athlète de 22 ans avoue que le déroulement des courses peut parfois prendre l’allure d’un roulement de dés à savoir qui demeurera debout à la suite des accrochages. « S’entraîner quatre ans, arriver aux Jeux olympiques et avoir une malchance, ça peut arriver. Par contre, en ayant les conseils de Dominique, c’est un bon avantage. »

L’avenir incertain des épreuves alpines a aussi pesé dans le choix de l’athlète. En effet, le printemps dernier, le Comité international olympique a délaissé le slalom en parallèle pour le remplacer par le Big Air.

Plus à l’école que sur les pentes l’an dernier, le planchiste devra se refaire un nom et cela commencera dans le circuit NorAm à la mi-janvier. « Si tout va bien, j’aimerais participer au bloc des Coupes du monde qui commencera à la fin février. »

À la suite des retraites de Caroline Calvé et d’Ariane Lavigne, Jasey-Jay Anderson et Sébastien Beaulieu sont les seuls représentants québécois dans l’équipe canadienne de surf des neiges alpin.

Dominique Maltais : un nouveau rôle et la même intensité!

En retrait de la compétition pour la saison 2015-2016, Dominique Maltais se plait bien dans son nouveau rôle d’entraîneuse. Celle qui dirige l’Académie DM offre ses services aux athlètes qui cognent à la porte du circuit mondial.

« Ça me permet de demeurer dans le bain. Je donne un coup de main à quelques jeunes qui sont en Coupe NorAm ou en Coupe d’Europe. (Dans mon nouveau rôle), je comprends encore bien des choses à propos du snowboard cross. Et surtout, c’est vraiment moins exigeant physiquement! » lance en riant la double médaillée olympique.

« Mon dos me fait toujours mal et je dois bien me guérir. Je n’ai même pas eu la pensée d’aller descendre dans un parcours. Pour le reste, je dois travailler avec des gens qui ont des personnalités différentes et qui sont de niveaux différents », poursuit celle qui est montée trois fois sur le podium aux Championnats du monde.

Sa collaboration avec Trahan n’est pas encore officielle, mais Dominique Maltais croit qu’il pourra se démarquer. « Il a une base en alpin, alors il sait comment tourner. Nous en avions déjà discuté dans le passé et je lui avais dit que si ça lui tentait, qu’il pourrait me faire signe. »

Dans la dernière décennie, le quotidien de l’athlète était de constamment penser à elle. Aujourd’hui entraîneuse, c’est tout le contraire pour celle qui jongle désormais entre l’entraînement sur la piste, l’analyse vidéo, le fartage, l’épicerie, la planification de l’entraînement et les séances de musculation.

« Les journées sont vraiment bien remplies et c’est une pratique qui est complètement différente. J’adore ça, mais mon côté compétitif et de dépassement est encore là et c’est quelque chose qui me manque énormément. »

En conclusion, Dominique Maltais lance le message aux jeunes : « La porte est ouverte et les Jeux olympiques sont dans deux ans, alors si vous voulez y aller, il faut mettre les bouchées doubles pour marquer des points en Coupe NorAm. »

Elle ne l’a pas mentionné, mais ils devront peut-être aussi tenter de la déloger elle aussi lorsqu’elle revêtira à nouveau un dossard de compétition.