Volleyball

Janie Guimond ne déménagera pas à Richmond

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Photo Volleyball Canada 
Janie Guimond

Montréal, 21 avril 2016 (Sportcom) – Alors que le programme féminin canadien de volleyball déménagera à Richmond dans quelques mois, la Québécoise Janie Guimond a décidé de ne pas faire le voyage vers la Colombie-Britannique et de prendre sa retraite de l’équipe nationale.

Après avoir échoué dans leur quête d’un billet pour les Jeux de Rio en terminant quatrièmes au tournoi de qualification de la NORCECA en janvier, les volleyeuses du pays font face à des choix difficiles en cette fin de cycle olympique. Plusieurs, dont Guimond, ont décidé ou le feront prochainement de se retirer.

C’est un mélange d’émotions qui habite la libéro, qui a pris sa décision il y a quelques semaines. « Je suis contente d’être revenue (au Québec). C’est une décision réfléchie. Personne ne m’a obligée à le faire, je n’ai pas été coupée de l’équipe, je ne suis pas blessée. Faire des compromis pour ma carrière, c’était rendu difficile et lourd. J’ai maintenant 32 ans et j’ai hâte d’avoir une famille. »

« D’un autre côté, c’est difficile parce que ce n’est pas comme si je n’étais plus passionnée par mon sport. J’avais le goût de continuer, mais c’est bien que ce soit moi qui choisisse le moment pour quitter. »

« J’aurais peut-être continué un autre deux ans, mais après, j’aurais voulu continuer un autre deux ans », ajoute celle qui ne souhaite pas repousser aussi loin son passage à une autre étape de sa vie.

Le déménagement du centre national d’entraînement de Winnipeg à Richmond, qui accueillera les athlètes à compter de janvier, n’a pas précipité sa décision, même que les responsables du projet ont compliqué sa réflexion. « Ils m’ont pratiquement convaincue de revenir », avoue-t-elle.

Retour à l’université en tant qu’étudiante et entraîneuse

De retour à Montréal depuis Pâques, Guimond a pris quelques jours pour « se ressourcer » et regarde depuis les différentes options qui s’offrent à elle. « Ça vient de tous bords, tous côtés. Je sais que je vais trouver une autre passion. Je suis dans la période de transition encore. Je regarde et tâte le terrain. »

Une chose est certaine, la bachelière en ergothérapie de l’Université de Montréal retournera aux études pour un « rafraichissement » de ses connaissances grâce à un microprogramme d’un an.

Son alma mater devrait par ailleurs bénéficier de son expertise sportive. « Il y a des rumeurs qui disent que je serais la prochaine assistante à l’entraîneur de l’Université de Montréal Olivier Trudel », confie celle qui a joué sous les ordres de Trudel au milieu des années 2000. « C’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup, de redonner à mon sport et à l’Université de Montréal. J’ai un fort sentiment d’appartenance aux Carabins. »

C’est l’entraîneur de la troupe montréalaise qui a amené l’athlète de Bécancour à tenter sa chance avec l’équipe canadienne, elle qui a rejoint le programme national à l’âge de 23 ans.

Ses huit années passées au sein de l’élite au pays n’ont pas été de tout repos, mais lui ont apporté beaucoup de satisfaction. Les résultats n’ont pas toujours été au rendez-vous, par contre, les souvenirs des nombreux voyages et tournois sont inestimables à ses yeux.

« C’est difficile pour moi de pointer un événement précis, mais je dirais qu’un moment précieux qui revenait à chaque été était les retrouvailles à Winnipeg, quand les filles revenaient de leur équipe pro. »

« Il y en a eu de belles compétitions, de beaux voyages, mais je retiens davantage l’ensemble de tout ça, les moments de partage entre coéquipières », précise la libéro, tout en ayant une pensée toute spéciale pour le personnel d’encadrement, notamment l’entraîneur Arnd Ludwig.

Un parcours parsemé d’embûches qui l’a rendue plus forte

Ludwig a probablement soutiré le meilleur de Guimond, elle qui a entre autres dû retrousser ses manches quand l’entraîneur national lui a suggérer qu’il était peut-être temps de se retirer en 2011.

Si elle a une seule déception, elle est là. « Aujourd’hui, je changerais des choses dans ma relation avec l’entraîneur-chef et quelques membres du personnel. Je ne leur ai pas fait confiance dès le départ, c’est comme si je doutais un peu, que je remettais en question des choses. »

Ce coup de semonce a poussé la volleyeuse à se trouver du boulot avec une équipe professionnelle. C’est ainsi qu’elle a pris la direction de Craiova, en Roumanie, pour la campagne 2011-2012.

« Je suis partante depuis cette saison-là, rappelle-t-elle. La Roumanie m’a appris beaucoup, même si ç’a été très difficile. Les gens n’étaient vraiment pas gentils avec moi », admet celle qui a également été membre des clubs de Köpenick à Berlin, en Allemagne, et de Terville-Florange, en France.

Sa façon de relever les défis, de faire face à l’adversité tout au long de sa carrière de près de 20 ans est d’ailleurs la chose qui la rend la plus fière. « Avec toutes les embûches que j’ai connues, ma persévérance et ma détermination, c’est vraiment ce qui me définit aujourd’hui. »

Le rôle important qu’elle a occupé au cœur de l’alignement canadien dans les derniers mois, alors que tout aurait pu s’arrêter pour elle en 2011, témoigne de la force de caractère de l’athlète, d’ailleurs sacrée meilleure libéro dans deux compétitions panaméricaines depuis un an et qui notait un plus grand respect de la part de ses adversaires. « J’en suis vraiment fière. »

La famille « élargie » de la libéro occupe une grande place dans ses pensées au moment de l’ultime bilan. « Elle m’a toujours appuyée, de mille et une façons. C’est en grande partie grâce à elle que je suis l’athlète et la fille que je suis aujourd’hui. »

Aussi grâce à Olivier Trudel, un mentor, qui l’a « poussée vers Winnipeg, vers l’excellence ».