Paranatation – Jeux paralympiques

Quatre minutes d’extase : Benoit Huot remporte le bronze

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Photo Comité paralympique canadien 
Benoit Huot célèbre sa médaille de bronze aux Jeux de Rio

Rio de Janeiro, 15 septembre 2016 (Sportcom) – Quand il est monté sur la plateforme près des blocs de départ, Benoit Huot a regardé dans les gradins et s’est dit  Ben, c’est le moment de ta vie.

« J’aurais écrit un scénario avec cette fin et jamais je n’aurais pensé que c’était possible. Mais voilà, c’est fait ! »

À ce qui était peut-être la dernière course de sa carrière, le paranageur québécois a fait les choses en grand. Il est allé décrocher la médaille de bronze du 400 m libre S10 jeudi soir, aux Jeux paralympiques de Rio.

« Honnêtement, je ne sais pas comment j’ai fait. C’est deux secondes de mieux qu’aux Jeux de Londres. La magie a opéré, s’est exclamé le Québécois. Le plan a très bien fonctionné, j’ai bien géré mon énergie et j’ai réussi ! »

Troisième à la mi-course, l’athlète de Longueuil a conservé sa place jusqu’à la toute fin, stoppant le chrono à 4 min 4,63 s, son meilleur temps sur la distance.

« J’ai eu une très bonne première moitié de course. Je savais qu’il fallait que je sois agressif pour être avec les gars en avant et non derrière comme je le suis d’habitude. Il y avait le jeune Néerlandais (Bas Takken) juste à côté de moi et je savais qu’il fallait que je sois devant lui après 300 mètres si je voulais le battre. »

L’Ukrainien Maksym Krypak a été couronné, réécrivant du même coup le livre des records en enregistrant un temps de 3 min 57,71 s. Son compatriote Denys Dubrov a fini deuxième en 4 min 0,11 s.

Cinquième au 100 m dos, puis quatrième au 200 m QNI, le 400 m libre était la dernière chance pour l’athlète de 32 ans de monter sur le podium au Brésil. « Il y a des romans qui finissent avec une fin poche, mais celui-ci, il se termine bien ! »

Une 20e médaille en cinq Jeux

« C’est la numéro 20! Je peux être en paix maintenant. »

Benoit Huot quittera Rio avec sa 20e médaille aux Jeux paralympiques dans ses bagages. « Je crois que c’est celle qui a été la plus difficile à aller chercher. Pendant la course, mais aussi pendant toute la semaine, car vivre toutes ces émotions, ça n’a pas été facile. »

Le Québécois se souvient de son tout premier podium à Sydney, en 2000. « Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’est au 200 mètres quatre nages, j’avais fait 2 minutes 17,13 secondes. C’est tout frais dans ma tête. »

Parmi les autres récompenses, la médaille d’or au 200 m QNI obtenue à Londres il y a quatre ans est sans doute la plus significative. « Revenir au sommet après des Jeux difficiles à Pékin fait en sorte qu’elle est vraiment spéciale et très particulière. Mais celle de ce soir, ça s’équivaut. Elle est peut-être de bronze, mais elle vaut de l’or. »

Est-ce la fin de la carrière pour Benoit Huot ? « Je vais réévaluer tout ça. J’aime l’idée de finir sur une bonne note, a-t-il avancé.

Si c’était la dernière fois, le Québécois aura profité à fond de ces quatre minutes six secondes. « J’ai profité de cette course toutes les secondes, tous les moments. Chaque fois je me suis dit, c’est peut-être la dernière fois. Mettre mon maillot, faire le réchauffement, monter sur le bloc de départ… »

Quoi qu’il arrive, Benoit Huot voudra continuer de transmettre les valeurs paralympiques. « J’espère sincèrement être dans une position pour faire grandir notre mouvement un autre 20 ans », a-t-il conclu.