Ski de fond – Saison 2016-2017

Alex Harvey : le changement dans la continuité

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Photo FIS 
Alex Harvey

Montréal, 23 novembre 2016 (Sportcom) – Comme plusieurs amateurs de sports d’hiver, Alex Harvey commencera sa nouvelle saison avec de nouveaux skis aux pieds. Samedi, à Ruka, en Finlande, les enjeux seront toutefois plus importants en Coupe du monde de ski de fond pour celui qui pourra constater si sa décision de changer de fabricant aura été la bonne.

Pour une première fois en trois ans, Harvey ne sera pas le seul Québécois en ce début de saison. Il sera accompagné de Cendrine Browne, elle aussi entraînée par Louis Bouchard.

De nouveaux skis aux pieds

Plusieurs pensaient qu’Harvey passerait l’ensemble de sa carrière sur des skis Fischer, cette compagnie autrichienne qui équipait aussi son père Pierre dans les années 1980. Le bilan de la saison 2015-2016 fait avec les farteurs de l’équipe canadienne est venu changer la donne. Et ce ne sont pas des raisons financières qui ont conduit Harvey à passer chez Salomon.

« Je n’avais pas l’intention de changer l’an passé. Les skis, c’est l’équipement le plus important et j’ai changé parce que je crois formellement qu’ils vont me donner une meilleure chance de bien performer. »

Les techniciens canadiens avaient remarqué que les skis Salomon d’Ivan Babikov étaient souvent plus rapides que ceux de ses coéquipiers équipés de skis Fischer.

« Ils (les farteurs) m’ont fortement suggéré d’aller tester chez Salomon. Ils n’ont pas jugé opportun de me le dire au milieu de la saison, car au niveau mental, tu ne veux pas te faire dire qu’Ivan a tout le temps des meilleurs skis que toi. J’étais quand même surpris et je suis allé tester en France tous mes skis utilisés en Coupe du monde des deux dernières années. Je leur ai dit : il faut que vous battiez ça! Et ils ont été capables de le faire. »

Oui, changer de compagnie, mais le quadruple médaillé aux mondiaux doit maintenant aussi compter sur une nouvelle flotte complète de skis qui peuvent être rapides dans tous les types de conditions. L’équipementier français qui était déjà son fournisseur de bottes et de fixations a passé les mois d’été et d’automne à tester des dizaines de paires sur des glaciers et en tunnel d’entraînement sur neige artificielle afin de reproduire un maximum de conditions de course.

« En septembre, ils m’avaient déjà sélectionné 46 paires. J’ai un fichier Excel avec chaque numéro de série qui mentionne dans quelles conditions de neige ils sont bons. Le matin de la course, on pourra déjà sortir six paires sans même avoir skié dessus. »

Bouchard aux commandes

L’entraîneur personnel d’Harvey, Louis Bouchard, est monté en grade et dirigera maintenant l’équipe canadienne. Cela aura peu d’impact auprès de l’athlète.

« Là, ça part de Louis et le plan d’entraînement sera encore plus linéaire. Pour moi, ça simplifie les choses. »

Harvey avait accumulé du retard dans son entraînement estival de 2015 à la suite de son opération aux jambes afin de favoriser la circulation sanguine dans ses artères iliaques. C’est donc à plein régime que l’athlète de St-Ferréol-les-Neiges a pu amorcer la reprise de l’entraînement le printemps dernier.

« Nous avons pu revenir à la recette que je faisais les années précédentes. En mai et juin de l’an passé, je n’avais pas pu faire d’intensité et nous avions dû nous ajuster un peu. L’an passé, j’ai connu ma saison la plus régulière dans les courses de distance. C’est aux sprints que j’avais un peu plus de difficulté et dans les fins de courses des départs en groupe où ça donne des coups. Il me manquait un peu de puissance. »

En ce début de saison, Harvey se dirait « satisfait » d’une place dans les 10 premiers et « 100% satisfait » s’il montait sur un podium.

L’apprentissage terminé, place à l’action!

Lentement mais sûrement, Cendrine Browne frayait son chemin vers les meilleures skieuses du pays. Cette saison, c’est chose faite et sa participation au Tour de ski du Canada en mars dernier a été révélatrice pour l’athlète de St-Jérôme qui n’entend plus être sur la scène mondiale seulement pour acquérir de l’expérience.

« Cette année, j’espère plus me démarquer en Coupe du monde et prendre ma place. J’aimerais faire des top-30, ce qui m’ouvrirait beaucoup de portes. Et si je fais un top-30 avant Noël, je serais sélectionnée pour les Championnats du monde seniors. »

L’intimidation qu’elle ressentait au départ des épreuves de Coupe du monde la saison dernière s’est dissipée après le Tour où elle gagnait en confiance jour après jour. L’athlète voit d’ailleurs cette éreintante course comme un fait saillant dans sa jeune carrière.

« À la fin du Tour, avant de m’élancer au skiathlon, je me suis dit que j’étais à ma place avec ces filles-là. (Le Tour), c’est une des choses les plus difficiles, mais aussi une des plus belles expériences. Je suis fière de faire partie des 5 Canadiennes sur les 12 présentes qui l’ont fini. Ça m’a permis de me développer encore plus. Les Jeux olympiques, c’est déjà l’année prochaine et ça s’en vient vite! C’est sûr que je mise beaucoup là-dessus! »

La fondeuse ne sera pas du Tour de ski pendant la période des Fêtes afin de prendre part à des épreuves nord-américaines.

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Rédaction : Mathieu Laberge (mathieu.laberge@sportcom.qc.ca)