Patinage de vitesse sur longue piste – Championnats du monde par distance sprint

Laurent Dubreuil termine la saison en force

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Photo Twitter/Patinage de vitesse Canada 
Laurent Dubreuil

Montréal, 4 mars 2018 (Sportcom) – Après une saison 2017-2018 parsemée de hauts et de bas, le patineur de vitesse sur longue piste Laurent Dubreuil s’apprête à prendre des vacances avec l’esprit en paix. Avec comme objectif un top-10, il a conclu au 12e rang des Championnats du monde par distance sprint, à Changchun, en Chine, dimanche.

Au classement cumulatif des quatre épreuves de cet événement, soit deux 500 m et deux 1000 m, le Norvégien Havard Holmefjord Lorentzen (champion olympique en titre du 500 m) a été sacré champion devant les Néerlandais Kjeld Nuis (médaillé d’or du 1000 m aux Jeux de 2018) et Kai Verbij.

Au deuxième 500 m du week-end, le Lévisien a stoppé le chrono à 34,99 s, bon pour la deuxième place. Il a accusé un retard de 0,3 seconde sur Holmefjord Lorentzen (34,96 s). Le Néerlandais Ronald Mulder (35,04 s) a pris le troisième rang.

« Hier, j’ai dit que c’était mon meilleur 500 m, mais c’est aujourd’hui. J’étais premier avec une paire à faire. Quand j’ai vu que le Norvégien n’avait pas eu un bon départ, je pensais que j’allais l’avoir. Il m’a battu de très peu », a commenté l’athlète de 25 ans.

« J’avais une très, très, très bonne paire avec le Norvégien Henrik Fagerli Rukke, un monstre de 220 lb. J’ai eu un excellent départ, le deuxième plus vite de la saison. Il était en avant de moi dans le deuxième droit, je l’ai ciblé et je suis allé le chercher. »

Même s’il se dit très content de sa performance, il a avoué avoir des sentiments partagés face à son 500 m, lui qui a terminé 18e à cette épreuve aux Jeux olympiques il y a une semaine et demie.

« Si je pouvais échanger ce résultat avec celui de Pyeongchang, je le ferais. J’aurais peut-être eu une médaille aux Jeux, même si c’est difficile à dire avec la vitesse des glaces. Ici, il n’y a pas de médailles par distance, mais je suis sur le podium. Ça me réconforte dans les choix que j’ai faits. Ça me prouve que l’entraînement a bien fonctionné et que j’ai pris les bonnes décisions à ma tentative d’être bon. »

Stratégie payante au 1000 m

Au second 1000 m de la compétition, le Québécois pointe au 14e échelon en 1 min 10,82 s. Kjeld Nuis (1 min 9,11 s) et Kai Verbij (+0,36 seconde) ont fini respectivement premier et troisième. L’Allemand Nico Ihle (+0,18 seconde) a pris le deuxième rang.

Afin d’améliorer sa performance de la veille sur cette distance, le patineur a changé sa stratégie. Il a effectué une course plus conservatrice avec plus de poussées au lieu de mettre l’accent sur la puissance, ce qui lui a permis d’améliorer son chrono, tout comme au 500 m.

« C’est cette distance qui m’a un peu coulé au cumulatif. Hier, j’y allais trop en puissance avec huit pas dans les droits. Je glissais trop sur une glace qui ne le permettait pas. Aujourd’hui, j’ai fait 10 pas dans chacun des droits. Mon ouverture et mon tour étaient plus lents, mais j’avais plus d’énergie pour la fin, alors j’ai beaucoup moins cassé. »

« Ç’a été une saison difficile, stressante et fatigante »

Laurent Dubreuil savourera bientôt quelques semaines de repos bien mérité, lui qui a connu une saison en deux temps. Il a d’abord brillé l’automne dernier pour ensuite connaître plusieurs ennuis de santé.

« Je ne suis pas amer, mais je suis déçu parce que je me sentais extrêmement bien en début de saison. J’avais fini deuxième aux Sélections canadiennes avec un excellent temps et j’ai gagné le premier 500 m de la première Coupe du monde à Heerenveen. J’étais troisième au monde. Après, je suis tombé malade plusieurs fois et j’ai eu de la difficulté à m’en remettre. »

À cela s’est ajouté un revirement de situation lors des Sélections olympiques canadiennes de janvier. Dans les jours suivants, il a dû défendre son billet pour Pyeongchang en appel devant le Centre de règlement des différends sportifs du Canada.

« Ç’a été super stressant cette polémique et me défendre au tribunal. Ces situations m’ont nui, stressé et fatigué. Par moment, je n’avais plus les jambes et la forme pour bien faire. Ces facteurs externes m’ont beaucoup coulé. J’étais convaincu cet été que j’avais les jambes pour faire un podium aux Olympiques. Avec le 500 m d’aujourd’hui, ça me prouve que j’avais raison. Ça ne s’est pas concrétisé au bon moment. »

Néanmoins, une chose dont Laurent Dubreuil est fier est la façon dont il a su faire face à l’adversité, particulièrement dans les trois derniers mois.

« Je suis très fier d’avoir rebondi. Ça prend beaucoup de force, de détermination et de persévérance. Ç’a été une saison difficile, stressante et fatigante. Mon but était de faire mieux qu’en Corée du Sud et de me prouver qu’à cause de plusieurs raisons, je n’ai pas été capable d’amener mon meilleur niveau aux Jeux. »

Il prendra maintenant du repos jusqu’en mai en vue de la prochaine saison.

« Je ne prends pas ma retraite ! De la façon dont je vois les choses, je commence. J’espère que je n’ai même pas atteint mon prime ! » a-t-il conclu.