Ski de fond – Coupe du monde

Cendrine Browne amorce le cycle olympique sur de nouvelles bases

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Photo Roger Lauzon 
Cendrine Browne

Montréal, 5 décembre 2018 (Sportcom) – Elle n’a pas le palmarès de son coéquipier de l’équipe nationale ski de fond Alex Harvey, sauf que Cendrine Browne continue de prendre sa place, lentement mais sûrement, dans le grand cirque blanc. À l’aube d’enfiler son premier dossard de Coupe du monde samedi, pour un 15 kilomètres en style libre qui aura lieu à Beitostolen (Norvège), la fondeuse de Prévost a déjà récolté une deuxième place au 7,5 km libre de Groms/Ulrichen, une étape du circuit de la Coupe du Suisse, la fin de semaine dernière.

« J’ai eu de bonnes sensations. Emily (Nishikawa, de l’équipe nationale) et moi sommes arrivées en Suisse il y a dix jours et nous avons pu profiter des sensations de glisse dans le cadre d’un camp d’entraînement. J’ai aussi skié à la Forêt Montmorency, à Québec, avant d’arriver ici », explique-t-elle.

Réapprendre à se renforcer

L’été est habituellement la saison où les fondeurs s’entraînent pour repousser leurs limites physiques qu’ils pourront exploiter une fois de retour sur la neige. Browne a elle aussi suivi ce plan, sauf qu’elle a surtout modifié son approche face à la musculation grâce à l’équipe de spécialistes du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey, ce qui a eu des effets bénéfiques pour elle.

« J’étais super blessée de partout et il fallait trouver la source du problème. Nous avons constaté que c’était à cause de mon positionnement. Je compensais toujours sans le savoir en musculation et ce n’était pas les bons muscles qui forçaient. Cela fatiguait les muscles qui étaient reliés à mes blessures. Ç’a été un long processus, mais je suis vraiment contente du résultat! Mes blessures sont toutes parties et je me sens plus forte et plus puissante qu’avant. C’est donc un deux pour un! »

L’athlète de 25 ans croit que ses tendinites aux genoux qui perduraient sont maintenant derrière elle, ce qui lui a permis de s’attaquer à son nouveau défi : l’augmentation du volume de son entraînement.

« J’étais rendue là. Je récupère bien sans être plus fatiguée que d’habitude », constate celle qui s’entraîne sous la gouverne de Louis Bouchard.

Être une athlète olympique, ça change quoi?

Cendrine Browne a réalisé son rêve en prenant part aux Jeux olympiques de Pyeongchang l’hiver dernier. Avec le recul, elle constate que c’est davantage le parcours qui l’a menée en Corée du Sud qui a été marquant pour elle plutôt que la destination.

Si on revient un an en arrière, l’athlète a dû passer par les courses de sélection canadienne – son plan B – pour assurer son billet olympique, ce qui a été une immense source de stress pour elle.

« J’ai énormément appris à gérer le stress l’année passée et j’en suis ressortie plus forte. (Être athlète olympique), c’est un titre de plus et je reste la même Cendrine. Ça aide pour la recherche de commanditaires et j’ai aussi de l’expérience à la plus grosse compétition au monde, mais c’est tout le cheminement qui m’a menée aux Olympiques qui m’apporte le plus aujourd’hui. J’ai créé des outils et accumulé de l’expérience en cours de route. »

Un nouveau souffle chez Ski de fond Canada

L’absence de médaille canadienne en ski de fond à Pyeongchang s’est traduite par une réduction du financement de À nous le podium chez Ski de fond Canada. Conséquemment, Browne ne participera qu’à deux Coupes du monde avant Noël. Ensuite, c’est en Amérique du Nord que la Québécoise tentera de se qualifier pour les Championnats du monde de Seefeld (Autriche) plutôt qu’en Europe.

« On a perdu beaucoup d’argent, mais il y a un beau vent de changement avec l’arrivée de Nicolas Lemyre (directeur de la haute performance) », se réjouit la jeune femme.

Cet universitaire québécois a vécu de nombreuses années en Norvège, où il a été un consultant en psychologie du sport auprès des équipes nationales de plusieurs sports, dont le ski de fond, le biathlon et le cyclisme sur route.

« Il a une autre vision. Avant, on nous mettait beaucoup de pression pour obtenir des résultats et si ce n’était pas un top-3, c’était mauvais pour l’équipe et le financement. On ne se concentrait plus sur la bonne chose. Avec lui, on se concentre sur le processus et c’est super. Ça m’enlève un gros poids sur les épaules! »

Se sentir comme un être humain plutôt que comme une machine à résultats. Cela ne fera qu’augmenter le plaisir de skier pour Cendrine Browne.