Surf des neiges alpin

Devoir être toutes les pièces du casse-tête

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Photo Facebook/Sébastien Beaulieu 
Sébastien Beaulieu

Montréal, 10 décembre 2018 (Sportcom) – La routine est chargée pour les planchistes canadiens. Contrairement aux compétiteurs adverses, la préparation de Sébastien BeaulieuJules Lefebvre et Arnaud Gaudet comprend également l’entretien de leur équipement, faute d’avoir un technicien dans leurs rangs.

« Je dois passer près de trois heures à travailler sur mes planches à neige après l’entraînement. C’est beaucoup de travail », a fait savoir Sébastien Beaulieu, en direct de l’Europe, où il se prépare avec ses coéquipiers en vue de la première Coupe du monde de surf des neiges alpin de la saison, prévue dès jeudi, à Carezza, en Italie.

C’est après les Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, que tout s’est écroulé pour le programme national de surf des neiges alpin. Des résultats espérés qui ne se sont pas concrétisés ainsi que plusieurs athlètes dominants qui ont pris le chemin de la retraite ont été cruciaux. Beaulieu, qui a raté de peu sa qualification pour les Jeux olympiques de Pyeongchang, a été témoin autant des hauts que des bas du programme.

« Pendant les hauts, nous avions un physiothérapeute, un technicien et nous avions même un caméraman pour filmer nos entraînements. Un médecin venait de temps en temps et nous pouvions compter sur un entraîneur et un entraîneur adjoint. Il n’y avait aucune lacune, tout était comblé », a-t-il expliqué.

« Sport Canada ne considère pas que le programme de surf des neiges alpin présente de bonnes chances de médailles aux Jeux olympiques de 2022, donc le financement de l’équipe nationale est limité. Je dois payer les billets d’avion, la location de véhicule, l’hébergement, les frais d’entraînement et les inscriptions aux courses », a poursuivi le Montréalais Jules Lefebvre qui, tout comme ses coéquipiers, dépend de ses quelques partenaires, de programmes de bourses et du soutien financier de ses parents pour combler ses dépenses.

En quatre ans, la situation s’est tout de même améliorée. Les athlètes n’ont plus à payer les frais d’équipe de 5000 $ pour s’assurer d’avoir un entraîneur à leurs côtés. Selon eux, la solution réside, en partie, dans l’amélioration des résultats sur le circuit de la Coupe du monde et aux Championnats du monde, qui se déroulent tous les deux ans. Les prochains auront d’ailleurs lieu du 31 janvier au 10 février 2019, à Park City, aux États-Unis.

« Il nous faudrait des podiums, des victoires en Coupe du monde et surtout, de bonnes performances aux Championnats du monde en février », a dit Lefebvre.

« Tous les pays ont des techniciens et des physiothérapeutes, sauf le nôtre. Nous faisons notre gros possible avec ce que nous avons, mais en même temps, ce n’est pas nécessairement facile de rivaliser contre des équipes qui ont tous ces éléments essentiels à la performance de haut niveau », a ajouté Beaulieu.

Point positif, les deux athlètes bénéficieront d’un meilleur soutien financier personnel cette année, puisqu’ils ont obtenu leur brevet grâce à leurs résultats de la saison dernière. « C’est déjà moins un gros casse-tête que quand je n’en avais pas », a affirmé Beaulieu.

Des objectifs bien précis

Les trois planchistes québécois, ainsi que leur acolyte, le vétéran Jasey-Jay Anderson, prendront d’assaut les pistes dès jeudi. Si Beaulieu est confiant pour sa qualification aux Championnats du monde, Lefebvre a quant à lui pour objectif principal de décrocher son billet pour cet événement majeur.

« C’est la compétition la plus importante après les Jeux olympiques. Nous avons des quotas plus limités, donc un des gros objectifs de ma saison est de m’y qualifier en m’illustrant aux premières Coupes du monde de la saison lors desquelles j’aimerais percer le top-20 », a-t-il mentionné.

« Je ne suis pas inquiet quant à mes chances de me qualifier pour les Championnats du monde, où j’aimerais vraiment entrer dans le top-8. Quand tu réalises un top-8 aux Mondiaux, c’est 2 ans de brevet, donc c’est une sécurité financière que j’aimerais obtenir », a dit Beaulieu.

En plus d’une qualification aux Championnats du monde et d'une place parmi les 25 meilleurs en Coupe du monde, Gaudet, âgé de 18 ans, vise aussi un podium aux Mondiaux juniors qui se tiendront au début du mois d’avril, à Rogla, en Slovénie.

Les Québécois ont travaillé sans relâche durant la saison morte afin de viser les plus hauts sommets cette saison. Ils auront la chance de démontrer leur savoir-faire à partir de jeudi.

« Nous allons dans la bonne direction, mais c’est sûr qu’il y a encore un long chemin à parcourir avant de faire partie des disciplines les plus subventionnées. Nous sommes en train d’essayer de nous sortir de là. Le programme remonte la pente doucement et nous espérons pouvoir sortir de bons résultats dès les premières courses de Coupe du monde », a conclu Beaulieu, qui préfère de loin dévaler les pentes qu’en faire la tranquille ascension financière!