Surf des neiges

Le nouveau défi de Maxence Parrot : combattre un cancer

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Maxence Parrot

Montréal, 17 janvier 2019 (Sportcom) – Le spécialiste du Big Air en surf des neiges Maxence Parrot a été stoppé en plein vol par une mauvaise nouvelle. Quatre jours avant Noël, le Bromontois a appris qu’il était atteint d’un cancer (lymphome de Hodgkin). Entouré de sa conjointe et de son psychologue sportif, le planchiste a annoncé la mauvaise nouvelle en point de presse.

Le médaillé d’argent olympique au snowboard slopestyle a découvert une bosse dans son coup à la mi-novembre. Une biopsie a suivi, annulant du même coup sa participation au Dew Tour, et le diagnostic est tombé une dizaine de jours plus tard.

« Ce n’est pas facile à apprendre. J’ai commencé la chimiothérapie jeudi dernier et il me reste encore 12 traitements à faire. Ce sera de plus en plus dur, j’en suis conscient. C’est quelque chose qui me fait peur, c’est certain, et c’est un nouveau challenge. Heureusement, je suis entouré de plein de bonnes personnes », a-t-il confié.

Preuve qu’il est un compétitif dans l’âme, il a rapidement demandé à sa médecin s’il pouvait retarder le traitement afin de participer aux X Games qui seront présentés au Colorado à compter de mercredi.

« J’étais un peu innocent face au cancer et après les explications, j’ai compris que si on ne traite pas le cancer, on va en mourir. J’ai donc pris ça plus au sérieux pour commencer le traitement le plus tôt possible. (Combattre le cancer), ce sera ma grande compétition cette année! »

Un programme de chimiothérapie est en place jusqu’au mois de juin, mais heureusement pour l’athlète, il pourra rester actif, ce qui sera en quelque sorte une bouée de sauvetage pour garder son moral à flot.

« Je ne ferai pas de sports extrêmes comme des triple corks, sauf que je pourrai faire du snowboard et faire d’autres activités physiques. Je suis optimiste, car je ne veux pas rester chez moi. On verra comment se déroulera le traitement. Rester actif et faire des sports, c’est ce que j’aime le plus dans ma vie. Face à n’importe quel défi dans ma vie, j’ai toujours travaillé à 100%. Je prends toujours mes défis à cœur et de voir ce que j’ai accompli en snowboard, je pars avec une très bonne force mentale pour faire. »

Parrot n’aura pas à chercher bien loin pour trouver une source d’inspiration : son meilleur ami qui a déjà eu le même cancer il y a quelques années.

« Il est devenu mon nouveau coach pour les prochains mois! Quand il était malade, c’est moi qui le motivais et là, c’est à son tour de faire ça pour moi. Il a déjà vécu ça et il pourra me rassurer. »

L’attitude des gagnants pour combattre le cancer

Le psychologue sportif de Maxence Parrot, Jean-François Ménard, compte utiliser la même recette que lorsqu’il prépare l’athlète avant une compétition importante.

« On ne souhaite pas le cancer, mais à la base, ça demeure un défi qu’il faut combattre. Maxence en a surmonté des défis dans sa vie et il a une tête dure! Ça va l’aider et il n’est pas tout seul et nous allons utiliser les mêmes habiletés et la même préparation que pour ses grosses compétitions. Ça va lui servir. »

« Nous aurons les mêmes discussions, mais dans un autre contexte. Il fait confiance à son entraîneur pour développer de nouveaux sauts. Là, il va faire confiance à sa médecin. Il n’a jamais été en aussi bonne forme physique et mentale, alors nous avons toutes les raisons de croire qu’il va combattre ça. Il ne pourrait pas être plus prêt dans sa vie. »

L’ancienne nageuse olympique Geneviève Saumur est elle aussi passée par ce chemin, elle qui a été diagnostiquée d’un cancer de la glande thyroïde peu de temps avant les Jeux olympiques de Londres. Elle a donc raté une deuxième participation olympique, elle qui était la championne nationale au 200 m libre.

« Malgré tout, il va garder sa tête d’athlète et voir ça comme un si c’était un défi. Aller le mieux possible, ce sont ses Jeux olympiques dès maintenant. Il a déjà cette mentalité : être motivé, avoir un objectif et faire tout ce qu’il peut en fonction de cet objectif », avance celle qui est aujourd’hui conseillère à la conciliation sport-études à l’Alliance Sport-Études.

« Sa médaille d’or, c’est lorsqu’on va lui dire qu’il est en rémission. Il doit garder en tête que sa guérison est un objectif à long terme. »