Ski acrobatique (bosses) – Championnats du monde

Mikaël Kingsbury est couronné champion du monde

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Photo Twitter Freestyle Canada 


Montréal, 8 février 2019 (Sportcom) – Dominant du début à la fin de la journée à Deer Valley, le roi des bosses Mikaël Kingsbury a réussi à reconquérir le titre qu’il n’avait pas gagné depuis 2013, celui de champion du monde.

« Ça fait du bien, vraiment du bien! J’avais beaucoup de pression à partir dernier. Je n’ai pas eu mes meilleurs entraînements cette semaine, mais je n’ai jamais arrêté et j’ai toujours continué à croire que j’étais capable de gagner. C’est drôle parce qu’on dirait que les astres se sont alignés aujourd’hui et je savais que je pouvais être le meilleur », a commenté Kingsbury.

Son dernier sacre individuel datait de 2013, aux mondiaux de Voss-Myrkdalen, en Norvège. Il avait ensuite été privé de la médaille d’or à ses deux participations suivantes, soit en 2015, à Kreischberg, en Autriche, où il avait gagné l’argent, et en 2017, à Sierra Nevada, en Espagne, où il avait récolté le bronze. Il avait entre-temps mis la main sur l’or à l’épreuve de bosses en duels à l’édition 2015.

Kingsbury a réussi un sans-faute samedi, lui qui s’est qualifié premier avec 81,29 points et qui a également dominé la finale avec sa note de 83,60. Dernier à s’élancer en super finale, il a devancé tous ses adversaires grâce à son pointage de 84,89.

Son plus proche rival, l’Australien Matt Graham (81,94 points), a terminé à près de trois points derrière. Le Japonais Daichi Hara (81,66 points) a été le médaillé de bronze.

« Ce n’était pas nécessairement une course parfaite, mais je pense que j’ai bien géré mon énergie et que j’avais une bonne stratégie. De partir dernier en finale et en super finale, c’est la meilleure position que je pouvais avoir, mais en même temps, c’est celle où j’ai le plus de pression, mais je l’ai bien gérée », a fait savoir l’athlète de Deux-Montagnes.

« Les entraînements ne se sont pas passés comme je le voulais, mais ça m’a gardé sur le bout de mon siège et aujourd’hui, on dirait que tout fonctionnait bien et je retrouvais tranquillement ma confiance. De descente en descente, j’étais meilleur. C’est cool de voir la différence entre comment je me sentais il y a deux jours et comment je me sens maintenant. »

À sa dernière participation aux mondiaux en carrière, Philippe Marquis s’est taillé une place en super finale, où il a pris le sixième rang avec 79,50 points.

« Je sens que la boucle est bouclée. J’ai fait le retour que je voulais. Je me suis battu fort depuis un an. C’est la piste qui m’a coûté le genou l’année passée, alors c’est une belle vengeance et je suis tellement heureux. Ça valait tous les efforts que j’ai faits dans la dernière année. Ce sont des moments qui sont précieux », a raconté Marquis.

Également en action, Laurent Dumais a pris le 24e rang de l’épreuve.

Justine Dufour-Lapointe tente un nouveau saut

La Montréalaise Justine Dufour Lapointe n’a pas pris le chemin de la facilité pour ces mondiaux. Vendredi soir, la veille de la présentation de l’épreuve, elle a décidé d’intégrer un nouveau saut à sa descente.

Même si elle s’attendait à une meilleure note en super finale, elle peut dire mission accomplie puisqu’elle s’est améliorée à chaque descente et a d’ailleurs été la meilleure Canadienne du jour, terminant au cinquième rang avec un pointage de 71,25 en super finale.

« C’est sûr que pour moi, j’étais fière de ma descente et d’avoir améliorer ma vitesse en super finale. Je ne m’attendais pas nécessairement à cette note-là », a commenté la skieuse qui s’était également classée cinquième de la finale avec 72,67 points.

« Au-delà de tout ça, j’ai décidé hier soir que j’allais faire pour la première fois en compétition un cork. J’ai travaillé tout l’été dessus et le plan était de l’avoir déjà fait en compétition avant d’arriver ici, mais ma blessure à l’épaule a retardé le tout. »

La Québécoise savait que de tenter cette nouvelle manoeuvre était la seule façon qu’elle puisse entièrement être fière et satisfaite de sa performance. Elle ne peut toutefois pas cacher que la nervosité l’a beaucoup affectée durant sa préparation, avant de prendre d’assaut la piste.

« Ce matin, j’avais vraiment mal au ventre tellement j’étais stressée. J’avais beaucoup de stress en moi, mais ma grande force est le mental et je me suis dit que je savais quoi faire et que j’étais prête. C’est sûr que c’est un moment décisif et sûrement le plus stressant de la saison, mais je me suis dit que si je ne faisais pas mon cork maintenant, je ne le ferais jamais », a-t-elle indiqué.

« D’avoir eu le courage de le faire et de savoir que j’ai tout donné, c’est définitivement ma plus grande fierté. Mon cork a été meilleur de descente en descente, alors je peux être très fière. »

C’est la première fois de sa carrière que Justine Dufour-Lapointe ne monte pas sur le podium aux mondiaux. À sa première participation à cet événement en 2013, elle avait remporté le bronze. Elle avait ensuite été couronnée championne du monde en 2015 et gagné le bronze en 2017.

Exclue de la super finale par 0,5 point, Chloé Dufour-Lapointe a quant à elle terminé septième et a reçu une note de 70,13 en finale. Ayant terminé 12e de la première séance de qualifications, elle a dû exécuter une deuxième descente qualificative où elle a fini troisième et ainsi obtenu sa place en finale.

La championne du monde en titre, la Française Perrine Laffont (78,70 points), a été détrônée et a fini troisième. C’est la médaillée de bronze des Jeux olympiques de Pyeongchang, la Kazakh Yuliya Galysheva, qui a été sacrée championne du monde grâce ses 79,14 points. L’Australienne Anthony Jakara (78,99 points) a été médaillée d’argent.