Ski acrobatique (bosses) – Championnats du monde

Mikaël Kingsbury réussit un doublé à Deer Valley

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Photo Freestyle Canada 


Montréal, 9 février 2019 (Sportcom) – Mikaël Kingsbury a réussi, pour la première fois de sa carrière, un doublé aux Championnats du monde. Non seulement il a remporté l’épreuve de bosses vendredi soir, mais il a également été sacré champion du monde des bosses en parallèle samedi à Deer Valley, en Utah.

« En 2017, à Sierra Nevada, je me rappelle d’avoir été en admiration devant Ikuma Horishima quand il avait remporté les deux titres, parce que personne avant lui n’avait réussi à le faire la même année », a commenté Kingsbury à Freestyle Canada. « Et voilà que je le fais cette année. Je suis sans mots! J’ai maintenant quatre titres de champion mondial, c’est incroyable. »

Il a eu le dessus sur tous ses rivaux et a éliminé tour à tour les Britanniques Thomas Gerken-Schofield et Max Willis, l’Américain Casey Andringa et le Suédois Walter Wallberg.

Il a fait face à l’Américain Bradley Wilson en finale et c’est sa solidité technique en milieu de parcours ainsi que son niveau de difficulté dans ses sauts qui lui ont permis de gagner ce deuxième titre en deux jours. Son adversaire a été plus rapide que lui lors de la course ultime, mais il a eu un déséquilibre dans les bosses, ce qui lui a coûté la victoire. Kingsbury a obtenu 87,62 points, contre 84,69 pour Wilson. Le Japonais Daichi Hara a mis la main sur le bronze.

« Dans ces conditions-là, ma force est de ne commettre aucune erreur. De cette façon, les juges ne peuvent pas m’enlever de points. Je sais que dans les duels, tout le monde veut me battre et veut donc aller plus vite, mais je leur rends la vie difficile en ne faisant pas d’erreur. C’est ce qui est notamment arrivé en finale », a-t-il dit.

Laurent Dumais s’est classé 12e après avoir été défait par le champion du monde en titre, le Japonais Ikuma Horishima, dans les huitièmes de finale. Il avait profité d’un laissez-passer au premier tour et avait battu un autre Japonais, Motoki Shikata, en ronde de 32.

Kerrian Chunlaud, qui faisait ses débuts aux Championnats du monde, s’est incliné face à l’Américain Casey Andringa dans la ronde de 32 après avoir gagné contre le Chinois Kang Chen au tour précédent. Il a conclu au 18e échelon.

Du côté féminin, la Montréalaise Justine Dufour-Lapointe a d’abord remporté son duel face à la Chinoise Qin Ning. Par la suite, en huitièmes de finale, elle s’est mesurée à la Japonaise Hinako Tomitaka, mais a été déséquilibrée en milieu de parcours, ce qui lui a fait perdre des points et ultimement, son duel. La Québécoise, 12e au classement final, a cumulé 70,99 points, tandis que la Japonaise en a obtenu 72,53.

« Le parcours de Deer Valley est vraiment un défi parce que les bosses sont immenses. Aujourd’hui, c’était un défi de gagner contre la piste et je suis vraiment contente de mon dernier duel. J’ai vraiment poussé dans la porte de départ, j’étais la première sur le saut et j’ai fait un super beau 360. J’ai juste pris un edge dans la neige et je suis sortie du parcours. Je suis revenue, je continue de me battre à tous les jours et je donne mon 110% », a commenté Justine Dufour-Lapointe.

Sa soeur Chloé Dufour-Lapointe a été stoppée dès son premier duel face à la Britannique Makayla Gerken Schofield. Elle a été incapable de terminer sa descente en ronde de 32.

La Française Perrine Laffont a défendu avec succès son titre de championne du monde des duels. Elle a battu l’Américaine Jaelin Kauf en grande finale de l’épreuve. Une autre représentante des États-Unis, Tess Johnson, a récolté le bronze.

Philippe Marquis cède sa place

Sentant qu’il avait boucler la boucle de bien belle façon vendredi soir en terminant sixième au monde, Philippe Marquis a décidé de céder sa place à son compatriote québécois et ami Kerrian Chunlaud.

« Ç’a été une décision quand même difficile. Ce n’est pas une question physique, je me sens super bien malgré le fait que ç’a été une grosse soirée hier. Je me sens mentalement et physiquement en bonne forme », a indiqué Marquis.

Après avoir subi une rupture du ligament antérieur croisé du genou droit il y a à peine un an, le skieur de Québec a travaillé très fort pour faire son retour sur les pistes cette saison.

« J’ai traversé tout ça justement pour vivre le moment que j’ai vécu hier. D’avoir une place aux Championnats du monde moins d’un an après ma chirurgie, c’est quasiment miraculeux. C’était un rêve pour moi de descendre à vive allure sur une des pistes les plus difficiles. J’étais super content de ma soirée, c’était vraiment comment je me voyais boucler la boucle et c’est la raison pour laquelle j’avais décidé de revenir pour une dernière saison », a-t-il raconté.

Il considère qu’avec la détérioration de la piste lors des duels et la fatigue accumulée de la veille, le risque n’en valait pas la chandelle et il a préféré prendre la décision la plus sécuritaire.

« C’est sûr que j’aurais tout donné et que je serais allé à fond, je suis un compétiteur, mais en même temps, j’ai réfléchi et je pense que la soirée d’hier est dure à battre. Je donnais la chance à Kerrian qui est là avec nous, qui nous encourage et qui est en bonne forme aussi. Il peut vivre ces premiers Championnats du monde et profiter de ce moment-là à 100%, donc c’est une décision authentique de ma part. Ça me permet de démontrer mon leadership non seulement sur la piste, mais aussi en bas du parcours, où je pourrai encourager les Canadiens qui descendront. »

Marquis a tout de même décidé de prendre part aux deux dernières Coupes du monde de la saison. Il prendra donc l’avion avec le reste de l’équipe canadienne et se dirigera vers le Japon, puis le Kazakhstan.

« Ce n’est pas la fin encore, c’est juste un petit répit aujourd’hui. Je vais en profiter jusqu’au bout et c’est ce qui est le plus important dans mon coeur. L’objectif était de boucler la boucle aux Championnats du monde. Le reste, c’est du plaisir. Je suis vraiment très satisfait et tellement privilégié d’avoir eu la chance de vivre la journée que j’ai vécue hier », a conclu Marquis.