Ski para-alpin – Finales de la Coupe du monde

Frédérique Turgeon couronne sa saison avec un petit globe de cristal

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Montréal, 21 mars 2019 (Sportcom) – Quatrième mercredi de l’avant-dernier slalom de la saison, Frédérique Turgeon ne se reconnaissait pas sur la piste. Généralement courageuse, fonceuse et en mode attaque, la skieuse de Candiac avait plutôt délaissé ces côtés d’elle afin de confirmer son nom sur le petit globe de cristal. Mais elle n’était pas contentée. C’est pourquoi elle a repris les choses en main jeudi pour ses dernières descentes de l’année en Coupe du monde de ski para-alpin.

« C’est rare que je laisse quelque chose sur la piste et que je ne sois pas agressive, a admis l’athlète de 19 ans. Je n’étais pas super contente de la façon dont ça s’était passé hier. »

Si elle complétait ses deux descentes jeudi, Turgeon allait avoir suffisamment de points au classement de la Coupe du monde de slalom en ski debout pour conserver la tête. Mais ce n’était plus ce qui comptait. « Aujourd’hui (jeudi), je voulais retrouver la Fred agressive et intense sur la piste que je connais. Je ne voulais pas terminer ma saison sur une mauvaise note comme hier (mercredi). J’ai mis le globe en jeu, car je me suis dit, au pire des cas, je ne l’aurai pas, mais au moins, je serai contente de la façon dont j’ai terminé la saison. »

C’est avec cette intention qu’elle s’est élancée en première manche du slalom, ultime épreuve des Finales de la Coupe du monde de ski para-alpin qui étaient disputées à Morzine, en France.

Deuxième de la première descente, Frédérique Turgeon a obtenu le quatrième chrono dans la seconde pour chuter de deux rangs au classement. En inscrivant un temps combiné de 1 min 56,60 s, elle a conclu à 1,81 seconde de sa compatriote, l’Albertaine Alana Ramsay, qui a décroché le bronze. « J’ai été capable d’attaquer beaucoup plus aujourd’hui, mais en deuxième manche, avec la fatigue, la neige et la chaleur, j’ai commis quelques erreurs et ça m’a coûté le podium », a-t-elle expliqué.

La Française Marie Bochet (1 min 47,04 s) a à nouveau dominé l’épreuve pour remporter l’or tandis que l’Allemande Anna-Maria Rieder (1 min 54,33) est montée sur la deuxième marche du podium.

Un petit globe dédié à son père

Frédérique Turgeon a donc skié comme elle le voulait jeudi et cela ne l’a pas empêchée de terminer en tête du classement de la Coupe du monde de ski para-alpin en slalom debout et obtenir son petit globe de cristal. Au classement général toutes épreuves confondues, la Québécoise termine également au troisième rang derrière Marie Bochet et Anna-Maria Rieder.

Des réalisations qu’elle dédie à son père, mort subitement en décembre dernier. « Je voulais gagner le petit globe en l’honneur de mon père. Je suis très fière de ma saison entière et d’avoir pu le faire pour mon père et moi. Gagner un globe de cristal en slalom c’était mon objectif pour dans trois ans et je l'ai déjà réalisé  », a raconté la skieuse qui a confié qu’elle avait eu de la difficulté à dissimuler ses larmes lorsqu’elle a parlé à sa maman après la course. « Nous étions toutes les deux super émotives, mais c’est que c’est parce que nous savons que mon père aurait été fier. »

« Je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour gérer mes émotions face à cette grande perte tout au long de la saison, mais de l’avoir fait, c’est incroyable », a-t-elle poursuivi.

Turgeon a même reçu les félicitations de sa principale rivale du circuit de la Coupe du monde. « Marie Bochet, qui est très compétitive, est venue me dire qu’elle était contente que je remporte le petit globe. »

La saison terminée, Frédérique Turgeon pas trop peur que la réalité la rattrape. « J’ai de la difficulté à réaliser et à comprendre que j’ai perdu mon père. Les prochains mois risquent d’être plus difficiles, mais je vais rester forte. Je vais vivre tout ça au jour le jour, avaler les bouchées une à la fois. Je sais qu’il y a des jours où je serai plus triste que d’autres et ce sera normal. Je crois que ça continuera à aller bien, car je vais me concentrer sur les nouvelles étapes à franchir », a-t-elle conclu.