Ski de fond – Finales de la Coupe du monde

Les larmes d’argent d’Alex Harvey

Québec, 23 mars 2019 (Sportcom) – Dans un film de Hollywood, la scène aurait été banale ou habituelle. Mais dans sa ville, devant ses fans et affrontant au sprint le meilleur fondeur du monde dans son avant-dernière course en carrière, Alex Harvey a écrit son propre scénario de rêve où il a terminé deuxième du 15 kilomètres classique en départ groupé de la Coupe du monde de Québec, samedi.

Toujours bon finisseur au sprint dans les épreuves de distance, le Québécois a remonté le Norvégien Didrik Toenseth pour assurer sa deuxième place, quelques mètres derrière un Johannes Hoesflot Klaebo impérial comme toujours.

Harvey s’est effondré au sol dès qu’il a franchi la ligne d’arrivée, ce qu’il a fait rarement pendant sa carrière. Son père Pierre l’a rapidement rejoint pour le féliciter et c’est lorsque le fils s’est relevé que l’on a pu voir à quel point l’athlète était submergé par l’émotion.

Rarement avons-nous vu Alex Harvey aussi émotif en entrevue.

C’est en pleurs qu’il a reçu les félicitations des autres compétiteurs, visiblement heureux de voir ce grand nom quitter le sport de cette façon. Les Norvégiens ont même placé la vedette locale au centre du trio des médaillés pour les photos officielles afin signifier que c’était bien lui la vedette du jour.

« Ç’a été une saison difficile mentalement. De donner un peu de plaisir à mes supporteurs, mes farteurs et mes coachs, ça fait du bien ! » a soutenu le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges, la voix encore nouée par l’émotion, ajoutant n’avoir jamais été aussi ému positivement après une course.

« De retourner sur le podium comme ça, ce n’est pas inespéré parce que je crois toujours en mes chances. Par contre, il y avait beaucoup de travail mental qui a été fait dans la chambre hier (vendredi) soir pour chasser les mauvaises pensées et me donner les meilleures chances d’essayer de jouer le podium. Je me doutais que si je faisais un podium, ce serait difficile de retenir mes larmes. Et je veux refaire la même chose demain. »

« Il a fait ça toute sa carrière performer au bon moment et devant une foule comme ça à Québec, il l’a toujours fait aussi. Il a eu des hauts et des bas cette année. Il performe, on a du fun et il va en profiter demain (dimanche) encore », a ajouté son entraîneur Louis Bouchard.

Louis Bouchard savait que son protégé pouvait briller à Québec.

Aux avant-postes et entouré de rouge

La lutte attendue entre Johannes Hoesflot Klaebo et le Russe Alexander Bolshunov qui bataillent pour le grand globe de cristal a eu lui comme prévu. Norvégiens et Russes étaient en tête de course pour durcir le ton et faire le ménage afin d’épauler leurs favoris qui ont toutefois connu des ennuis. Klaebo a chuté au début du dernier tour tandis que Bolshunov a cassé son bâton droit quelques minutes plus tard. Il n’a jamais pu revenir sur le groupe de tête.

Harvey est demeuré en tête du peloton pendant presque toute l’épreuve et pas seulement parce qu’il était en forme, mais aussi pour éviter les ennuis.

« J’ai évité trois chutes et pu rester sur mes skis sans briser d’équipement. Un 15 kilomètres, c’est court chez les gars en départ de masse, alors ça joue du coude et il faut être vraiment agressif. J’ai su rester hors du trouble. Il me reste des jambes et j’étais vraiment bien aujourd’hui. »

Klaebo (1493 points) possède une avance de 42 points sur Bolshunov (1451 points) au classement général de la saison et il s’élancera premier, dimanche, au 15 kilomètres libre en départ de style poursuite, avec une avance de 52 secondes sur Bolshunov. Harvey suivra en troisième place à moins d’une seconde du Russe pour conclure ce mini tour.

Autres résultats québécois
58- Philippe Boucher
63- Antoine Cyr
65- Alexis Dumas
71- Antoine Briand

Nilsson au sommet, encore une fois

La Suédoise Stina Nilsson a une fois de plus fait trembler le château fort norvégien alors qu’elle a signé une deuxième victoire en deux jours. La championne olympique du sprint a démontré qu’elle était aussi forte sur les épreuves de distance face aux Norvégiennes Therese Johaug, première au classement des courses de distance de la Coupe du monde, et Ingvild Flugstad, meneuse au classement cumulatif du circuit.

Katherine Stewart-Jones, de Chelsea en Outaouais, a été la meilleure Québécoise alors qu’elle a été la 52e à rallier l’arrivée. En entrevue, elle a indiqué que les conditions glacées du parcours ont rendu la course difficile.

Katherine Steward-Jones explique les difficultés du parcours.

« Les conditions étaient vites, intenses et glacées, sauf que je m’y attendais. Il fallait vraiment faire attention et chercher les espaces pour dépasser. Je suis tombée dans la grande descente au deuxième tour et ça m’a pris un peu de temps pour retrouver mon rythme. J’ai tout de même pu rattraper quelques filles à la fin. J’avais de bonnes sensations, mais la chute m’a fait perdre beaucoup de temps », a reconnu l’athlète qui a mentionné avoir un bon fartage.

La Yukonnaise Emily Nishikawa a été la meilleure représentante canadienne en se classant 38e.

Autres résultats québécois
57- Cendrine Browne (Saint-Jérôme)
61- Frédérique Vézina (Saint-Ferréol-les-Neiges)
63- Anne-Marie Petitclerc (Beaupré)
64- Marie Corriveau (Saint-Ferréol-les-Neiges)
66- Laura Leclair (Chelsea)