Plongeon – Série mondiale

« J’essaie de ne pas pleurer », Meaghan Benfeito

BenfeitoMeaghan2019
Sportcom 
Meaghan Benfeito

Montréal, 27 avril 2019 (Sportcom) – « J’essaie de ne pas pleurer. Ç’a bien commencé, mais j’ai fait des erreurs. Je suis vraiment déçue et ça ne représente pas ce que je fais à la maison. » La vétérane Meaghan Benfeito a terminé cinquième au 10 m synchro mixte avec Nathan Zsombor-Murray lors de la deuxième journée de la Série mondiale de plongeon disputée à Montréal, samedi.

« Nathan a fait en sorte que je m’amuse quand même et que je me concentre sur ce que j’avais à faire. Je n’arrête pas de lui faire mes excuses. C’est la vie, je ne peux pas toujours être sur le podium. C’est décevant parce que je veux donner un bon spectacle à la foule », a dit l’athlète de 30 ans, qui a récolté 306,60 points avec son partenaire.

Celui qui fêtera ses 16 ans dimanche a fait savoir qu’il a essayé de la réconforter et de la faire sourire pour qu’elle soit plus relaxe pendant l’épreuve, la deuxième de la journée pour Meaghan.

« C’est difficile de participer à deux compétitions dans la même journée. J’ai vraiment moins d’expérience qu’elle, alors je serais dans une situation pire que la sienne. Ça fait plus longtemps qu’elle plonge que je suis en vie », a déclaré Zsombor-Murray.

« Son but était que je le trouve fatigant à la fin de la journée », a ajouté Benfeito en riant. « Si j’avais l’âge de Nathan, c’est sûr que je serais en boule en train de pleurer et que je dirais non aux entrevues. Ça fait 20 ans que je plonge et je pense que c’est important de montrer que tu peux faire des contre-performances, mais que ça ne veut pas dire que la prochaine compétition sera aussi mauvaise. »

À l’épreuve individuelle, la Québécoise a été éliminée en demi-finale. Elle a pris le cinquième rang avec 279,65 points. Son troisième plongeon, un triple saut périlleux et demi arrière en position groupée, lui a mis des bâtons dans les roues lorsqu’elle a raté son entrée à l’eau. Les juges lui ont accordé des notes entre 1,0 et 2,0.

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas manqué un plongeon comme ça. C’est comme une claque dans la face, mais tu apprends plus quand tu perds. Je n’ai pas bien pris ma position groupée, je ne la tenais pas assez serrée. Ma main a un peu glissé à l’entrée quand je devais ouvrir, ce n’est pas une erreur que je fais souvent », a-t-elle expliqué.

Gagné à la recherche de l’élément magique

En finale du 3 m individuel, l’Olympien de Rio 2016 Philippe Gagné a conclu au sixième rang avec 435 points. Il a avoué être un peu épuisé de son épreuve en synchro disputée vendredi soir et de sa demi-finale du matin.

« La foule avait une énergie incroyable et j’ai été capable de prendre ça pour mes plongeons. C’est certain que 435, c’est loin d’être mon meilleur pointage. Mon troisième plongeon était moins bon que ce matin et je suis un peu déçu », a dit le Montréalais.

S’il veut bientôt atteindre le podium à cette épreuve, le jeune homme de 21 ans reconnaît toutefois qu’il lui manque encore un petit quelque chose. D’ailleurs, il travaille actuellement sur un nouveau plongeon, un quadruple saut périlleux et demi avant. Une fois maîtrisé et ajouté à sa liste, il croit pouvoir franchir la barre des fameux 500 points et remporter une médaille aux Championnats du monde et aux Jeux olympiques.

« C’est un degré de difficulté de 3,8. Si tu regardes les autres gars, tous leurs plongeons ont des degrés de difficulté au-dessus de 3,4, j’en ai encore un avec 3,1. Il faut dire que je suis un gars assez grand, alors c’est plus difficile pour moi de faire ces plongeons. »

Entrevue avec Philippe Gagné

Déstabilisé, Imbeau-Dulac est écarté de la finale

La cinquième place du Terrebonnien François Imbeau-Dulac n’a pas été suffisante pour accéder à la finale du 3 m individuel. Une erreur sur son premier plongeon l’a d’ailleurs ébranlé.

« C’est un plongeon qui s’est énormément amélioré depuis les deux dernières années. C’est la première fois que je le rate aussi magistralement. Ça m’a vraiment déstabilisé pour le reste. Je suis déçu du troisième plongeon, mais j’ai vraiment essayé de faire la correction. »

Imbeau-Dulac a obtenu 404,40 points avec deux plongeons qui ont reçu des notes de 5,5. « Avant, je faisais 360 points avec deux plongeons de 5,5. Il y a vraiment une amélioration et je suis plus constant. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait des erreurs comme ça. Je me suis dit: fais tes cinq plongeons pour toi-même et ne pense pas à ce qui peut arriver. »

En ce qui concerne la qualification olympique, le sujet n’est pas au cœur de ses préoccupations, lui qui en est à son troisième cycle. À vrai dire, il avoue ne pas y penser. « Je sais qu’à chaque compétition il y a du stress et des enjeux, mais j’essaie de m’enlever une certaine pression personnelle. J’y vais seulement avec l’envie de plonger et la volonté de performer pour moi-même avant tout », a dit François, 13e aux Jeux de Londres en 2012.

Il a toutefois affirmé que sa préparation se passe bien et qu’il travaille sur des éléments techniques, dont la constance, un élément clé. « Je pense que, pendant les cycles de 2012 et 2016, je plongeais parce que c’était ce qui me définissait un peu, maintenant je le fais vraiment par plaisir », a-t-il conclu.