Gymnastique artistique

La résilience des soeurs Woo

Victoria_Rose_Woo
Photos : Gymnastique Canada 


Montréal, 17 mai 2019 (Sportcom) – Les soeurs Victoria et Rose Woo n’ont pas été épargnées par les blessures au cours des dernières années. Commotion cérébrale, opération à une cheville et hyperextensions aux deux coudes… voilà les blessures qu’a subies Victoria. Rose a quant à elle été ralentie par une déchirure à un tendon d’Achille. Malgré tout, les deux gymnastes n’ont pas pour autant baissé les bras et continuent de persévérer pour se rendre au bout de leurs rêves.

« Après 2016, mon but était juste de faire une dernière année. Mais quand j’ai fait cette année-là, je me suis dit que j’aimais encore ça et que j’allais continuer. L’année suivante, je m’étais dit que ce serait la dernière et qu’ensuite, ce serait fini, mais je me suis déchiré les ligaments des coudes et je voulais revenir. Maintenant, ça va bien, j’aime ça et je suis encore contente d’aller à la gym », a raconté Victoria.

« Je pense que, quand tu as un but ultime dans ta tête, c’est ça qui te motive à continuer malgré tout. Si tu ne te fixes pas de but, c’est presque impossible de revenir parce que tu n’as aucune motivation et que tu ne sais pas pourquoi tu persévères. Il faut garder un mental positif, même si ce n’est pas toujours facile », a rétorqué la cadette.

En quête d’une deuxième opportunité

À un peu plus d’un an des prochains Jeux olympiques, les Brossardoises se concentrent surtout à garder la forme et à continuer de se surpasser, même si Tokyo reste l’objectif ultime. Nouveauté en 2020 : ce ne sont pas cinq gymnastes qui représenteront le Canada aux Jeux, mais bien quatre.

Olympienne des Jeux de 2016 alors qu’elle était âgée de seulement 16 ans, Rose travaille très fort afin de se qualifier pour Tokyo et racheter sa prestation de Rio qu’elle juge insatisfaisante, bien qu’elle avait aidé le Canada à se classer au neuvième rang à la compétition par équipe.

« Je sais que ça va être dur de me qualifier pour Tokyo, mais j’aimerais me reprendre. J’avais juste 16 ans à ce moment. J’ai toujours dit que j’allais faire les Jeux une seule fois et arrêter après, mais je n’ai pas fait la performance que je voulais à Rio. »

Avant même les prochains Jeux olympiques, elle tentera de faire sa place dans l’équipe canadienne qui ira aux Jeux panaméricains de Lima, cet été, au Pérou.

Encore en réadaptation pour son tendon d’Achille, Rose sait que sa qualification pour Lima n’est pas chose faite. Elle devra d’ailleurs mettre les bouchées doubles afin d’être prête physiquement et mentalement.

« Je pense que physiquement, si je fais ma job, je peux être prête pour cet été. C’est mentalement qu’il faut aussi que je travaille. Je suis vraiment rouillée des compétitions et ma gym n’est pas aussi à point qu’avant, donc ça me met moins en confiance. Il faut que je me laisse du temps. »

Quoi qu’il arrive, il ne serait pas surprenant de la voir tenter un dernier cycle olympique. « Je ne me vois pas arrêter la gym dans un an. Si je savais ce que je voulais faire à l’école, je passerais à autre chose, mais je ne sais pas, donc tant qu’à ne rien faire, je vais sûrement continuer », a fait savoir l’étudiante en sciences humaines au Cégep.

La page se tournera pour Victoria en 2020

Victoria, quant à elle, poursuit ses efforts à l’entraînement au quotidien. Elle ne pense toutefois pas aux divers scénarios possibles et y va une journée à la fois. Malgré ses bons résultats récents, comme sa cinquième place au concours complet de la Coupe du monde de Birmingham en mars dernier, c’est plutôt sa forme physique et mentale, ainsi que son plaisir de s’entraîner et de faire des compétitions, qui la poussent à continuer.

L’aînée des soeurs Woo travaille présentement sur de nouvelles manoeuvres qu’elle aimerait inclure dans ses routines dès cet été. Une participation aux Jeux panaméricains de Lima ou aux Jeux olympiques de Tokyo serait une très bonne façon de clore sa carrière de gymnaste, même si elle ne voit pas le titre d’Olympienne comme une fin en soi.

Celle qui a participé à deux Championnats du monde (2014 et 2015), aux Jeux du Commonwealth (2014) et qui est double médaillée des Jeux panaméricains de 2015 serait tout de même très satisfaite de son parcours d’athlète si elle n’obtenait pas son billet pour Tokyo l’année prochaine.

« Je n’y pense pas du tout et j’y vais vraiment au jour le jour. Si je ne vais pas aux Jeux olympiques, je vais quand même être contente de ma carrière, ce ne sera pas la fin du monde. »

No way! répond sans détour Victoria lorsqu’on lui demande si faire un dernier cycle olympique demeure une possibilité pour elle. Elle se consacrera plutôt à ses études en psychologie spécialisée avec les enfants. « Je sais que ça va être long et difficile, mais je pense que la capacité à gérer mon temps et la discipline que j’ai acquises durant mes années comme gymnaste vont m’aider dans mes études. »

Peu importe ce qu’il adviendra et si elles prennent des voies différentes, les deux gymnastes du Club Gym-Richelieu savent qu’elles pourront toujours compter l’une sur l’autre.

« Nous n’avons jamais été compétitives l’une envers l’autre. Nos parents ne nous ont d’ailleurs jamais élevées à être en compétition. Si Rose gagne, je vais peut-être être déçue pour moi, mais je vais toujours être super contente pour elle. Il n’y a aucune jalousie entre nous et nous sommes comme de meilleures amies », a conclu Victoria.