Cyclisme sur piste et patinage de vitesse longue piste

Un toit qui changera tout

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Centre national de cyclisme de Bromont / Ville de Québec 
Le Vélodrome Sylvan Adams (haut) et le Centre des glaces de Québec (bas).

Montréal, 20 janvier 2020 (Sportcom) – Deux sports sur piste, un d’été et un d’hiver, mais où tous les deux sont à la merci des conditions météorologiques. L’attente d’un toit au vélodrome de Bromont et au tout nouveau Centre des glaces de Québec tire à sa fin pour les cyclistes sur piste et les patineurs de vitesse longue piste.

Sportcom présente l’impact qu’auront ces deux nouvelles infrastructures sportives tant, pour les athlètes québécois que pour leur sport. Deux projets qui ne seront pas exclusivement réservés à l’élite, mais aussi aux communautés locales, comme c’est la nouvelle norme pour ce type de bâtiment.

Un impact immédiat après trois décennies à bout de bras

Dans les 30 années qui ont suivi la démolition du vélodrome olympique de Montréal, le cyclisme sur piste québécois a survécu, mais au prix de beaucoup de débrouillardise, d’entêtement et de déplacements à l’étranger.

Sous l’impulsion de l’ex-entraîneur de l’équipe nationale Éric Van den Eynde qui a déniché la piste des Jeux d’Atlanta alors qu’elle amassait la poussière dans un entrepôt de Disney, le vélodrome Bromont a été créé en 2001.

Malgré des conditions d’utilisation qui étaient loin d’être optimales, les pistards québécois ont continué à se faire voir sur la scène internationale. À titre d’exemple, Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), souligne que quatre athlètes québécois étaient aux mondiaux juniors sur piste l’an dernier et l’un d’entre eux, Tristan Jussaume, a été médaillé de bronze à la poursuite individuelle.

« Il avait 30 ou 40 jours d’entraînement sur la piste au maximum, alors j’ai l’impression que très rapidement, ces athlètes-là vont profiter d’une installation qui va leur permettre de se développer. Et je m’attends que déjà en 2024, que le Québec soit encore mieux représenté qu’il ne le sera aux Jeux de Tokyo. »

Annuellement, le dirigeant évalue à 70 le nombre de journées où les cyclistes pouvaient rouler sur la piste, et ce, seulement quelques heures par jour.

« Les Coupes du monde et Championnats du monde sont disputés l’hiver. Pour les athlètes québécois, cela signifiait qu’ils devaient s’exiler. Avoir un vélodrome au Québec, pour des athlètes qui s’entraînent à l’étranger, ce sera une possibilité pour eux de revenir ici et surtout, ça va permettre à un très grand nombre d’athlètes qui pourraient avoir un intérêt pour la piste de vraiment se développer comme à l’époque où nous avions le vélodrome olympique. »

Même son de cloche du côté de Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération de patinage de vitesse du Québec, qui s’attend à voir en engouement pour la discipline de la longue piste lorsque le nouvel anneau de 400 mètres sera couvert.

« C’est une infrastructure qui va vraiment changer la face du patinage de vitesse au Québec et au Canada. Elle permettra de diminuer les frais de déplacement pour l’entraînement des athlètes de pointe, mais elle permettra aussi aux patineurs de tous les niveaux d’avoir accès à une glace en tout temps. C’est vraiment fantastique ! »

Le Québec compte 50 clubs de patinage de vitesse courte piste et leurs membres auront désormais un choix supplémentaire ajoute M. Dubreuil, qui était des épreuves de longue piste aux Jeux d’Albertville (1992) et de celle courte piste à ceux de Calgary (1988), où la discipline était alors en démonstration.

Pour la communauté et même plus

Les athlètes Marie-Claude Molnar et Alexandre St-Jean trépignent déjà d’impatience à l’idée de faire leurs premiers tours sur leur nouvelle piste.

« Avec l’arrivée du vélodrome de Milton, cela nous a beaucoup aidés dans notre préparation parce que cela nous évitait d’aller à Los Angeles pour aller nous entraîner », indique Molnar, qui visera une troisième participation aux Jeux paralympiques, l’été prochain, en paracyclisme sur route et sur piste.

Si le nouveau vélodrome ontarien a facilité son entraînement, il n’en demeure pas moins que le trajet pour s’y rendre en voiture était aussi long qu’un vol Montréal – Los Angeles. La proximité de celui de Bromont sera donc la bienvenue.

« Rapidement, nous avons pu constater à quel point la construction de ce vélodrome a attiré la communauté à Milton et tout le monde peut en profiter. Le projet du vélodrome de Bromont va encore plus nous faciliter la vie. En fait, ce sera le paradis sur terre ! », lance-t-elle en riant.

La fin de l’exil et un nouveau pôle d’attraction

Le patineur Alexandre St-Jean croit pour sa part que l’impact du nouveau Centre des Glaces dépassera les frontières du Québec.

« Il y a des Ontariens qui s’entraînent à Calgary. Si, par exemple, un Franco-Ontarien comme Vincent de Haître avait eu l’option de venir s’entraîner sur un anneau couvert à Québec, il serait venu ici. Avant, les options étaient de patiner à Québec à l’extérieur ou à Calgary à l’intérieur. Maintenant, des athlètes d’autres provinces viendront d’entraîner avec les Québécois », croit le spécialiste du 1000 m et Olympien des Jeux de Pyeongchang.

Louis Barbeau croit lui aussi que ce nouveau pôle d’entraînement marquera une décentralisation de l’équipe nationale, ce qui profitera au vélodrome de Victoria et au futur vélodrome de Bromont.

« On ne devrait pas avoir trop de difficulté à recruter des athlètes, ce qui est présentement un problème. Des gens qui auraient probablement beaucoup de talent, mais qui ne sont pas prêts à se commettre comme on leur demande. »

Alexandre St-Jean s’enthousiasme déjà à l’idée qu’il pourra peaufiner sa préparation en vue des Jeux de Pékin à seulement quelques minutes de chez lui et avec de nouveaux partenaires d’entraînement.

« On a tous extrêmement hâte. Les gens sont impatients et ça va faire toute une différence. Certains auront peut-être une carrière en longue piste, alors qu’ils n’auraient pas pu en avoir autrement. »

Selon l’échéancier actuel, les travaux de construction du Vélodrome Sylvan Adams s’amorceront le printemps prochain et les premiers coups de pédale devraient y être donnés au début de l’été 2021. L’armature de la piste des Jeux de 1996 sera réutilisée dans les nouvelles installations bromontoises.

Quant au Centre des Glaces de Québec, la construction de l’extérieur du bâtiment est maintenant complétée et l’ouverture est prévue vers le début 2021. En plus d’un anneau de 400 m, deux patinoires de dimension olympiques seront disposées au centre de la piste et deux autres patinoires seront situées à l’extérieur du bâtiment.