Patinage de vitesse longue piste – Saison 2019-2020

Laurent Dubreuil : retour sur la meilleure saison de sa carrière

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Capture d'écran ISU 
Kai Verbij, Thomas Krol et Laurent Dubreuil

Montréal, 17 mars 2020 (Sportcom) – Mardi, Sportcom passe un coup de fil au patineur de vitesse longue piste Laurent Dubreuil. Pas pour connaître sa réaction au départ de Tom Brady des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, son équipe de football favorite, mais bien pour dresser le bilan de sa dernière saison qui fut la meilleure de sa carrière.

Pourtant, il y a à peine quelques mois, les conditions d’entraînement de l’athlète étaient loin d’être optimales pour qu’il connaisse une telle saison où il a terminé troisième au classement cumulatif du 500 mètres et du 1000 mètres, en plus d’avoir été triple médaillé d’argent aux finales de la Coupe du monde et décoré du bronze au 1000 m des Championnats du monde par distances individuelles.

Et ajoutez à cela une médaille d’argent aux Championnats du monde sprint en Norvège, une première québécoise à cette compétition depuis l’illustre Gaétan Boucher.

Une préparation bousculée

Replaçons-nous à l’été 2019. Laurent Dubreuil et sa conjointe célèbrent l’arrivée de Rose, leur premier enfant, en juillet. Au même moment commence alors la fermeture de la piste extérieure réfrigérée de 400 mètres du Centre national d’entraînement de Québec afin de faire place au chantier de construction de l’anneau intérieur du nouveau Centre des glaces. Pour les mois à venir, les séances de patinage se feront désormais exclusivement en courte piste, à l’exception de séjours à l’anneau olympique de Calgary.

« C’était une année de changements et de compromis, mais l’approche restait la même : être le plus concentré et efficace à l’entraînement tous les jours pour arriver à un résultat », commente Dubreuil lorsqu’on lui demande comment il a abordé cette période.

« Comme athlète, il faut y aller au quotidien. Souvent, on peut se laisser distraire. Oui, il faut un plan à long terme, mais il faut être concentré dans le moment présent plutôt qu’être en train de rêver à ce qui va arriver dans trop longtemps. »

Voir trop loin. C’est ce que Dubreuil avait fait dans son cycle olympique vers les Jeux de Sotchi en 2014 pour lesquels il ne s’était pas qualifié, à la surprise de tous.

« Gérer le stress et gérer une saison, je suis bien meilleur qu’avant. C’est l’expérience et la perspective. Quand je ne me suis pas classé pour Sotchi, sur le coup, j’avais l’impression que c’était la pire affaire qui pouvait m’arriver. Cette fois-là, ça m’a également donné de la perspective dans la vie en général. Oui, j’étais déprimé pendant des semaines et des mois, mais que tu te classes ou pas, tu restes pris dans le trafic le lendemain matin et tu manges le même déjeuner. On pense que ça change une vie, mais ce n’est pas une question de vie ou de mort. Et Rose me fait encore plus réaliser ça. Que je fasse une bonne ou une mauvaise course, elle me fait un sourire. »

Le déclic au 1000 mètres

Jusqu’à la saison dernière, le Lévisien excellait principalement au 500 mètres. La dernière campagne a été celle où il s’est révélé au 1000 mètres, au point où il a été le seul athlète à avoir terminé sur le podium cumulatif de la Coupe du monde, sur ces deux distances.

Apprivoiser son nouveau rôle de père s’est fait naturellement. Lorsque sa fille l’a reconnu après son séjour de cinq semaines aux Coupes du monde d’automne, cela l’a conforté dans sa nouvelle situation de papa sur la route.

L’esprit en paix, l’athlète de 27 ans a ensuite vécu une éclosion au 1000 m qu’il a encore du mal à expliquer aujourd’hui, même s’il a des pistes de réponses. Il s’attendait à ce que l’entraînement hors glace estival améliore ses départs, mais dans les faits, il a été plus lent. En contrepartie, il a patiné plus vite une fois sa vitesse de pointe atteinte.

« Je n’avais jamais fait un tour en 24 secondes sur une piste au niveau de la mer et là, les tours de mes quatre courses aux mondiaux de sprint et de mes trois aux Finales de la Coupe du monde étaient tous sous les 25 secondes. C’est ma capacité à maintenir ma vitesse qui a limité la cassure. »

Dubreuil mentionne également avoir gagné en souplesse, ce qui lui donne une meilleure amplitude de mouvement et lui permet d’être plus bas sur la glace pour mieux patiner. Ajoutez à cela une perte de poids et vous avez là une explication plus détaillée.

Revenue au Québec lundi après avoir étiré son séjour après la dernière compétition, la famille Dubreuil passera la prochaine quinzaine confinée à la maison afin de respecter les consignes gouvernementales pour lutter contre la pandémie de la COVID-19.

Un moindre mal pour celui qui était déjà en vacances d’entraînement, mais qui a une pensée pour ses collègues des autres sports dont le quotidien est bouleversé.

« Je me sens vraiment mal pour eux et j’espère qu’ils pourront présenter les Jeux olympiques d’une façon sécuritaire. Ils ont tous mes bonnes pensées, car ça ne doit pas être facile. »