Rugby à sept

Bouleversée, Bianca Farella pourrait repousser sa retraite

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Source: Twitter/Rugby Canada 
Bianca Farella

Montréal, 25 mars 2020 (Sportcom) – Bianca Farella était dans tous ses états lorsqu’elle a appris qu’elle ne se rendrait pas à Tokyo en juillet. La joueuse de rugby à sept devra longuement réfléchir au cours des prochaines semaines afin de réviser ses plans de carrière, elle qui prévoyait accrocher ses crampons après les Jeux olympiques et retourner sur les bancs d’école.

 

« Je vais devoir changer mes plans », a d’abord lancé celle qui étudie la psychologie et qui souhaite faire le saut en médecine par la suite. La décision du Comité olympique canadien qui a précédé celle du Comité international avait déjà eu l’effet d’une bombe pour la Québécoise.

« Il n’y a pas eu beaucoup de temps entre le moment où les athlètes ont appris la nouvelle et celui où elle a été rendue publique, a-t-elle expliqué. Je n’ai pas eu le temps de réaliser ce qui se passait et de me faire à l’idée que j’avais déjà droit à beaucoup de soutien. Avec la frustration initiale, ça faisait beaucoup d’émotions à gérer ! »

La pilule est difficile à avaler pour la joueuse de 27 ans qui comprend néanmoins l’initiative dans ces circonstances inhabituelles. « C’est juste irréel ce qui arrive, mais la sécurité et la santé de tous doivent passer avant le rêve olympique », a-t-elle déclaré.

Au rythme auquel la situation évolue avec la COVID-19, impossible pour Farella de savoir ce que lui réserve son avenir en rugby à sept, à savoir si les Jeux de Tokyo demeureront dans sa mire malgré un report à 2021. Prolongera-t-elle son illustre carrière d’une saison ? Pourra-t-elle remanier son emploi du temps pour suivre des cours à l’été ? La Montréalaise devra se creuser les méninges pendant le confinement et évaluera toutes les options qui s’offrent à elle.

« Je vais continuer de m’entraîner pour établir une routine durant la quarantaine. Seule et sans les JO comme objectif, ça risque d’être difficile de se motiver. L’isolement est un bon reminder des raisons pour lesquelles je préfère les sports d’équipe ! » a admis la médaillée de bronze des Jeux olympiques de Rio.

Membre de l’équipe nationale depuis 2012, Bianca Farella est devenue la deuxième joueuse de l’histoire des Séries mondiales de rugby à sept à atteindre le plateau des 150 essais en carrière cet hiver. Elle en compte actuellement 153 et pointe au cinquième rang de tous les temps pour le nombre de points marqués avec un total de 765.

Prêcher par l’exemple

Pour sa coéquipière Karen Paquin, les athlètes d’excellence du monde entier ont un rôle à jouer dans la vie de tous les jours et il est important de le démontrer en période de crise. Véritables modèles de santé, le temps est venu pour eux d’adopter un comportement exemplaire auprès de l’ensemble de la population en reportant les Jeux olympiques, selon Paquin.

« Il y a des risques pour tout le monde et on ne peut pas aller à contresens. Il faut donner l’exemple et respecter les consignes au doigt et à l’œil », a souligné la joueuse originaire de Québec.

Cette dernière ajoute que la décision du Comité olympique canadien de ne pas envoyer ses athlètes aux Jeux avant même l’annonce officielle du Comité international olympique l’a surprise. Il s’agissait tout de même de la meilleure décision à prendre à son avis.

« C’est venu protéger les athlètes contre eux-mêmes. Habituellement, nous voulons enlever toutes les distractions possibles pour nous concentrer sur notre performance. C’est notre rôle et nous sommes faits comme ça. Plusieurs ne voulaient pas se laisser distraire par ce qui se passait et le COC a assuré la santé et la sécurité de tous en forçant les choses », a affirmé l’athlète de 32 ans.

L’équipe canadienne de rugby à sept avait dû mettre sa saison en veilleuse après que les Séries mondiales prévues ce printemps aient toutes été reportées. Maintenant que les Jeux olympiques de Tokyo auront lieu en 2021, on peut s’attendre à un été chargé pour plusieurs joueuses du programme national qui comptent aussi participer à la Coupe du monde de rugby à 15, en Nouvelle-Zélande. C’est notamment le cas pour Karen Paquin et Elissa Alarie.

S’il est inconcevable de planifier les semaines et les mois durant cette pandémie, Karen Paquin tient à avoir une pensée solidaire pour ceux et celles qui s’apprêtent à traverser de rudes moments. « On est tous dans le même bateau. C’est dommage pour les athlètes de ne pas aller aux Jeux, mais il y a des choses plus importantes qui vont suivre au cours des prochaines semaines. Il va falloir y aller une journée à la fois », a-t-elle conclu.