Rugby en fauteuil roulant

Un peu de recul avant de remettre la machine en marche

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Photo Dave Holland / Comité paralympique canadien 


Montréal, 30 mars 2020 (Sportcom) – « Et maintenant, on fait quoi ? » C’est ce qu’avait en tête la quinzaine de joueurs de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant et leur entraîneur lorsque tous les calendriers sportifs ont été mis à l’arrêt. Diriger une équipe, alors que tous ses membres sont confinés à la maison, est un défi en soi reconnaît l’entraîneur de la formation, Patrick Côté.

L’élan de la formation a été coupé en plein vol. Fraîchement qualifiée pour les Jeux paralympiques au tournoi de la dernière chance présenté à Richmond (Colombie-Britannique), au début mars, la formation dirigée par le Québécois pourra maintenant naviguer un peu plus à vue après que les Jeux aient été repoussés d’un an.

La résilience : un terrain connu

Ce qui distingue l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant de bien des équipes nationales des autres sports, c’est que plusieurs athlètes de cette formation sont devenus tétraplégiques à la suite d’un accident. Ces personnes ont déjà surmonté ce défi énorme et s’il y a des gens qui savent ce que le mot résilience signifie, ce sont bien elles.

« C’est avec fierté que je dis que mon groupe d’athlètes a un niveau de résilience incroyable. Individuellement, ils sont tous passés à travers une épreuve de vie qui était et qui est exceptionnelle, note Côté. Ensuite, ils ont su se relever et atteindre un niveau de performance sportive impressionnant, mais aussi un niveau d’autonomie dans leur vie, chose que plusieurs n’atteignent pas après ce genre d’épreuve. Ils ont tout le temps cette force sur laquelle ils peuvent s’appuyer. »

Le pilote canadien compte se servir de la période actuelle pour remettre les compteurs à zéro. Il ajoute aussi l’importance de garder le contact avec ses joueurs, sans toutefois les surcharger d’informations. Le groupe demeure uni et se réunit virtuellement une ou deux fois par semaine.

« La nouvelle de mardi matin (la semaine dernière, lors du report officiel des Jeux) a donné du relâchement à tout le monde. Nous sommes qualifiés, nous avons atteint notre but et approchons cette période comme une transition annuelle d’entraînement. On reste actifs, en santé, on respecte le confinement et nous recommencerons à bâtir un plan. »

Les outils pour réussir

« L’équipe était sur un high après sa qualification paralympique. Tout a cliqué et nous avions notre vitesse de croisière pour la saison paralympique, rappelle le pilote canadien. C’est une fois au retour à la maison que le système sportif a commencé à s’écrouler progressivement avec l’arrêt des ligues professionnelles. C’est décevant, mais je suis certain qu’avec notre programme, notre structure et notre expérience, nous sommes mieux équipés que nos adversaires pour rebondir de façon positive. »

Les Canadiens avaient été défaits par les Américains 58-47 en finale des Jeux parapanaméricains à l’été 2019, ratant ainsi leur billet pour Tokyo. Les mois suivants ont été consacrés à assurer leur place, ce qu’ils ont réussi il y a quelques semaines.

« On ne se fera pas de cachette, nous avions été déclassés (à Lima), mais le niveau de performance que nous avons eu à Richmond était à des années-lumière des autres équipes. Nous avons démontré que nous faisions partie du top-5 mondial. La connexion entre les joueurs était spéciale et il y avait quelque chose qui se passait. »

Un an de plus pour préparer les Jeux. C’est peut-être ce que les joueurs de rugby canadien avaient besoin pour arriver fin prêts à Tokyo et offrir une opposition plus féroce à leurs adversaires.

Photo: Dave Holland / Comité paralympique canadien