Le sport au temps de la pandémie

La nouvelle course de Jasey-Jay Anderson

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Photo FIS/Miha Matavz 


Montréal, 7 avril 2020 (Sportcom) – Reclus sur sa terre de Lac-Supérieur, près de Mont-Tremblant, avec sa fermette et sa bleuetière, le planchiste Jasey-Jay Anderson est actif en famille pour une raison bien particulière : améliorer la qualité de vie de sa fille Jora qui a été diagnostiquée d’une scoliose, il y a un an.

C’est dans ces circonstances que l’expression « tuteur parental » prend tout son sens.

« C’est très important pour elle de faire des exercices de renforcement afin de stabiliser sa scoliose. À 14 ans, elle a presque atteint son pic de croissance », a expliqué Anderson, en pleine séance d’étirement, lorsqu’il a répondu à l’appel de Sportcom lundi.

« Jora peut encore corriger de petites choses ici et là où son corps est encore en train de se placer, sauf que cela tire à sa fin. Tout ce qu’on peut faire à ce moment-ci pour la stabiliser, c’est gagnant parce qu’une fois que la colonne est figée, c’est en place pour le reste de sa vie. »

Anderson, premier Canadien à participer à six Jeux olympiques d’hiver, a vite vu son esprit de compétition remonter à la surface lorsque tout a dû être mis en œuvre pour améliorer le sort de sa fille aînée.

« Le corps essaie de se déformer et nous, nous sommes compétitifs pour le replacer. Un corset peut stabiliser, mais il ne peut pas corriger. Nous avons fait les exercices pendant six mois et sa condition s’est améliorée. Les médecins étaient vraiment impressionnés. Pour Jora, la motivation était donc dix fois plus grande. »

Peu de choses ont changé chez les Anderson depuis le début de la période de confinement obligatoire.

« Les exercices que ma fille fait, c’est très proche de ce que je dois faire. Ça me donne plus de motivation et toute la famille y participe, car c’est bon pour tout le monde et pour notre état d’esprit. C’est juste du positif, parce que ça me force vraiment à le faire. À 45 ans (qu’il fêtera la semaine prochaine), ce n’est pas facile de s’entraîner. Les programmes d’entraînement que je faisais quand j’avais 20 ans, oublie ça, je ne peux plus les faire, surtout en musculation ! »

Une pause plutôt qu’un arrêt

La carrière d’athlète du médaillé d’or des Jeux de Vancouver n’est pas en veilleuse, même s’il risque d’être plutôt absent des radars des compétitions au cours des prochains mois.

« Honnêtement, ça me dérange plus ou moins que nous ayons une (prochaine) saison ou pas », lance le vétéran en riant. « J’ai appris à vivre à travers des cycles de quatre ans. Mes cycles de quatre ans, je les ai faits, mais c’est triste pour les athlètes d’été. Je ressens vraiment leur douleur et ils se sont fait enlever leur rêve, tant ceux pour qui une qualification est un exploit que pour ceux qui ont une chance de médaille. C’est vraiment triste ! »

Le multiple champion du monde a démontré qu’il pouvait encore être dans le coup, comme le démontre sa huitième place au slalom géant en parallèle décroché au début mars, à la Coupe du monde Blue Mountain, en Ontario.

« J’étais content de finir comme ça et c’était ma dernière Coupe du monde de la saison de toute façon. C’était déjà planifié que ce serait ma dernière course. »

Anderson et sa conjointe continueront de s’entraîner avec leurs filles et à fabriquer des planches, des plaques de fixations et des skis pour Jasey-Jay Snowboard. Le travail de préparation de la bleuetière pourra attendra encore un peu, le temps que la neige fonde et que le printemps s’installe pour de bon.