Ski de fond

Dans l’incertitude après une fin de saison abrupte

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Nordic Focus 
Cendrine Browne

Montréal, 9 avril 2020 (Sportcom) – Les fondeurs québécois devaient ranger leurs skis la semaine dernière après les Championnats canadiens. Or, à domicile comme les autres athlètes au pays, ils se posent des questions sur la suite, sans cacher une certaine inquiétude.

Cendrine Browne, qui a réussi son retour à la compétition l’hiver dernier après une exclusion de l’équipe nationale et une commotion cérébrale, se demande notamment si l’annulation des dernières Coupes du monde et l’impossibilité d’y amasser des points au classement seront prises en compte au moment de former l’équipe nationale pour la saison prochaine.

L’athlète de 26 ans était sur une lancée, ayant obtenu les meilleurs résultats de sa carrière au Ski Tour, en Scandinavie. La dernière épreuve, en Norvège, aura finalement été sa dernière sortie.

« C’est à la fois super encourageant et très impressionnant après avoir manqué autant d’entraînement », a affirmé celle qui a participé aux Jeux olympiques de Pyeongchang. « Je suis vraiment heureuse de ma saison, malgré le fait qu’elle ait commencé à la mi-décembre et qu’elle se soit terminée au début mars. »

Les athlètes du circuit mondial devaient participer aux Coupes du monde de Québec, de Minneapolis et de Canmore, en Alberta. « Je pense que les autres Canadiennes et moi aurions pu vraiment bien faire, ce qui aurait permis de réaliser les critères de l’équipe nationale », a-t-elle ajouté.

La composition de l’équipe nationale doit être annoncée la semaine prochaine et les athlètes ignorent comment les critères de sélection seront interprétés après une saison écourtée. La saison dernière, seulement trois femmes faisaient partie de l’équipe sénior et, alors que les budgets sont limités, on ne peut prédire l’avenir.

« C’est un peu stressant. On attend avec impatience ce qui va arriver et comment les décisions seront prises », ajoute Katherine Stewart-Jones, qui a également atteint des sommets la saison dernière. « Comme tout ce qui se passe en ce moment, on ne sait pas trop ce qui va arriver. Je pense que ça va un peu avec le reste de nos vies. »

Au-delà de l’aide financière octroyée aux fondeurs de l’équipe canadienne, Cendrine Browne rappelle également l’importance d’un esprit d’équipe, même s’ils pratiquent un sport individuel.

« Quand il y en a une qui fait bien, ça tire les autres vers le haut. Il y a comme un effet domino. Nous avons vraiment une belle équipe avec une belle cohésion », explique-t-elle.

Chez les hommes, Antoine Cyr est présentement le leader du circuit Nor-Am, ce qui lui assure un début en Coupe du monde la saison prochaine. Il était également dans l’équipe nationale et l’annulation de la dernière partie de la saison l’a empêché d’amasser des points. Malgré tout, le fondeur de Gatineau demeure confiant en vue des sélections.

Le financement, le gros défi

La Coupe du monde de Québec est l’un des moments les plus importants de la saison, car elle représente une belle vitrine pour les fondeurs québécois. S’ils comprennent bien la situation, il n’en demeure pas moins que son annulation a été un coup dur.

Le défi du financement n’est pas le même pour tous, mais il est certain qu’un brevet de l’équipe nationale apporterait une sécurité dans un contexte où les commanditaires pourraient être plus hésitants avant de délier les cordons de leurs bourses durant les prochains mois.

« Les donateurs qui pouvaient me donner de bons montants d’argent pourront-ils encore m’aider ? » se demande Antoine Cyr, inquiet sur cette question. Il rappelle néanmoins être honoré de pouvoir compter sur l’appui de l’organisme B2Dix.

Katherine Stewart-Jones s’est réjouie pour les athlètes des sports d’été après l’annonce du report des Jeux olympiques de Tokyo, mais elle se demande si la courte durée entre les Jeux d’été et d’hiver aura un impact sur l’octroi de bourses aux athlètes.

Au final, les fondeurs reconnaissent que le contexte est hors de leur contrôle et que les athlètes des autres disciplines ont tous leurs défis. Mais rien n’est assez fort pour les empêcher de vouloir réaliser leurs objectifs.

« Je vais continuer à skier, à pousser fort et à essayer de faire les prochains Jeux olympiques et de m’améliorer. Ça ne change pas grand-chose pour moi. C’est juste un peu plus de stress », conclut Stewart-Jones.