Volleyball assis

« Le rêve est réel » – José Rebelo

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Courtoisie José Rebelo 
José Rebelo aux Jeux parapanaméricains de Toronto, en 2015.

Montréal, 1er juin 2020 (Sportcom) – Après quatre années de retraite, José Rebelo effectuera un retour avec l’équipe canadienne masculine de volleyball assis avec un seul objectif en tête : obtenir le dernier laissez-passer disponible en vue des Jeux paralympiques de Tokyo.

De ses propres dires, l’idée de revêtir les couleurs du Canada à nouveau n’avait jamais vraiment effleuré l’esprit de Rebelo, qui avait fait son deuil de la compétition internationale. Des conversations avec Mikael Bartholdy, un ancien coéquipier toujours membre de la formation de l’unifolié, de même qu’avec l’entraîneur-chef actuel, Jeff Smith, ont toutefois changé la donne.

« En janvier dernier, je suis allé jouer un tournoi amical à Copenhague, au Danemark, et c’est là que Mikael (Bartholdy) m’a proposé de faire un retour. Honnêtement, je n’étais pas chaud à l’idée, mais quand Jeff (Smith) m’a fait son pitch de vente, j’ai décidé d’aller faire un camp préparatoire en Alberta. Juste pour voir », indique Rebelo.

Il n’en fallait pas plus pour que le médaillé d’argent en volleyball debout aux JP de Sydney retrouve le goût de la compétition et le désir d’atteindre les Jeux paralympiques.

« Un mois plus tard, j’ai fait le camp et la piqûre est revenue ! Au départ, je devais faire six mois, mais avec le report des Jeux, j’ai décidé de m’engager pour une année et demie afin d’aider l’équipe à se qualifier pour Tokyo. »

Ce camp a également permis à l’athlète de Saint-Hubert de constater une belle progression pour le Canada, « qui a eu du mal à s’adapter au volleyball assis » après avoir été dominant en volleyball debout jusqu’en 2007, raflant pas moins de trois titres mondiaux.

« Il y avait six anciens coéquipiers et six nouveaux jeunes au camp. Je peux vous dire qu’ils sont forts ! L’équipe est mieux encadrée, tant au niveau physique que mental et ça paraît sur le terrain. En voyant ça, j’ai tout de suite vu que nous avions une véritable chance et que je ne perdrais pas mon temps », révèle-t-il.

« Le rêve est réel. »

Finir le travail

C’est en 2015, aux Jeux parapanaméricains de Toronto, que José Rebelo a disputé sa dernière compétition de calibre international. Même si le Québécois et ses coéquipiers étaient parvenus à remporter le bronze face à la Colombie, Rebelo conserve un amer souvenir de la fameuse défaite crève-cœur subie aux dépens des Américains en demi-finale.

« J’ai toujours gardé un sentiment d’amertume à la suite de ce revers, car je n’avais pas pu aider mon équipe. Je m’étais blessé au deuxième set et je ne pouvais plus jouer. C’était dur de regarder ça pour moi. J’y pense encore des fois aujourd’hui », confie-t-il.

Rebelo devrait toutefois avoir la chance de se reprendre lors du tournoi de qualification pour les Jeux paralympiques prévu au début 2021, où l’un des principaux adversaires de l’unifolié sera les États-Unis.

« C’est sûr que c’est une motivation et je veux aider l’équipe du mieux que je le peux. Lors du camp, j’ai constaté que je n’ai pas la force brute des jeunes, mais je peux certainement compenser par ma finesse, mes déplacements et mon contrôle de ballon. Ma sagesse, mon expérience et mon calme seront aussi des atouts importants. »

Outre les voisins du Sud, les Allemands et les Ukrainiens constitueront des adversaires de taille pour les Canadiens. « Ça ne sera pas facile, mais nous y croyons. Une chose est sûre, l’équipe qui remportera le tournoi et qui aura le dernier billet pour Tokyo l’aura mérité ! »

Au-delà de la compétition, Rebelo espère que son retour au jeu pourra motiver les para-athlètes de la nation à essayer le volleyball assis, un sport qu’il aime toujours autant.

« Ç’a toujours été une passion pour moi et c’est pourquoi je faisais encore des tournois amicaux. Si je peux encore aider à faire progresser le sport et à lui donner de la visibilité, ce sera un plus, c’est certain. »

José Rebelo poursuit son entraînement à la maison.

Comme faire de la bicyclette

En attendant le prochain camp de l’équipe canadienne prévu en septembre prochain, José Rebelo poursuit sa préparation à domicile en suivant ses différents programmes préparés pas Volleyball Canada. Et même à 48 ans, il affirme être prêt à renouer avec l’action.

« Quand j’ai recommencé en février dernier, j’ai vu que mon corps était capable. Je m’attendais à être raqué, mais pas du tout. C’était comme faire de la bicyclette. La seule chose, c’est que j’ai eu mal aux fesses et ça me rappelait mes débuts en 2007 », a-t-il lancé à la blague.

« Je prends ça au sérieux et je développe plein de trucs d’entraînement à la maison. Je fais aussi du vélo, de l’entraînement physique, de la course et de la natation pour garder la forme. »

Au cours des prochains mois, le père de trois enfants tentera de trouver l’équilibre entre ses séances d’entraînement, ses fonctions de directeur général de l’Association sportive et communautaire du Centre Sud (ASCCS) et sa vie familiale. Et il sait qu’il pourra compter sur de nouveaux « coéquipiers », dont l’appui est indéniable.

« Quand j’ai annoncé la nouvelle à ma femme et mes enfants, je ne savais pas trop à quoi m’attendre et ils ont tout de suite embarqué. J’ai été agréablement surpris et ils m’aident tous à leur façon. On joue même des petits matchs à la maison et tout le monde est bien content de participer », a-t-il conclu.