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NCAA : des poloïstes québécois restent à la maison

VulpisiClara2020
Water Polo Canada 
ClaraVulpisi

Montréal, 27 août 2020 (Sportcom) – Avec l’annulation ou le report de leur saison en NCAA, les poloïstes Jérémie Côté et Clara Vulpisi ne vivront pas leur rentrée scolaire chez nos voisins du Sud tel que prévu. Comme d’autres étudiants-athlètes de la province, ils ont plutôt opté pour des cours à distance et la poursuite de leur entraînement au Québec.

Tous deux porte-couleurs des Tigers de l’Université du Pacifique, basée en Californie, Côté et Vulpisi se sont récemment résignés à demeurer en sol québécois. Du moins pour la session d’automne normalement dédiée aux activités masculines en water-polo.

« Même avant l’annulation de la saison, j’avais décidé de rester au Québec. La Californie est l’un des états les plus touchés aux États-Unis et je ne me sentais pas à l’aise d’y aller. En plus, il y avait beaucoup d’incertitude autour des sports, alors j’ai choisi de rester », indique Côté, qui devait amorcer sa deuxième saison avec les Tigers, vice-champions nationaux de la NCAA en 2019.

Cette décision a d’ailleurs été bien accueillie par l’entraîneur des programmes masculin et féminin de l’université californienne, James Graham. « Il s’est montré très compréhensif et nous a encouragés à rester à la maison. Je ne savais pas non plus si nous pourrions nous entraîner là-bas et c’était ma priorité. Et plus l’été avançait, plus la situation empirait en Californie. C’était plus prudent de rester », explique Vulpisi.

Plusieurs autres poloïstes de la Belle Province ont aussi vu leur saison être reportée ou annulée, soit Floranne Carroll (Université Standford), Apryl Gonzalez et Daphné Guèvremont (Université Fresno State), Myriam Lizotte (Marist College) et Jason O’Donnell (Université Mount St-Mary’s). Entre-temps, ils poursuivent l’entraînement et suivent leurs cours à distance ou en personne, aux États-Unis, pour ceux qui y sont, selon les normes de leur université respective.

Loin d’être dépourvu

Contrairement à quelques-uns de ses coéquipiers chez les Tigers, Jérémie Côté avait plus d’une option sur la table pour continuer sa préparation en vue de la prochaine année. Un facteur non négligeable qui a pesé lourd dans la balance pour l’athlète de Pointe-Claire.  

« Je savais que je pouvais m’entraîner à un haut niveau ici, à l’INS Québec, avec l’équipe nationale, alors ç’a grandement facilité ma décision. Les règles sont encore très strictes pour ce qui est des contacts, mais au moins on peut s’entraîner ensemble dans l’eau et dans le gymnase. Je reste actif, c’est ce qui compte. »

Et ce ne sont pas les éléments de motivation qui manquent pour Côté, qui a dans sa mire un titre national de la NCAA, mais surtout l’atteinte de son rêve olympique avec ses coéquipiers de l’unifolié.

« Ce ne sont pas tous les joueurs de l’équipe canadienne qui sont ici, mais nous avons tous le même but. Tout le monde fait son travail de son côté et quand nous serons finalement réunis, on n’aura que ça en tête. En mars, nous étions prêts pour le dernier tournoi de qualification mondial et nous le serons tout autant l’an prochain », assure-t-il.

En attendant des développements quant à la reprise ou non de la saison universitaire américaine et des différentes étapes de la qualification olympique, l’étudiant en commerce et en finances peut continuer ses études à distance grâce à la flexibilité de son institution scolaire.

« Il y a des rumeurs comme quoi notre saison pourrait commencer en janvier. Si c’est le cas et que les conditions le permettent, c’est sûr que j’aimerais y retourner. Sinon, je pense rester à Montréal et continuer à distance. Ça me demande beaucoup d’adaptation, surtout avec le décalage horaire, mais l’école demeure la priorité. »

Même son de cloche pour Clara Vulpisi qui aura un agenda chargé à l’automne avec cinq cours à compléter en ligne. « Le côté académique est très important pour moi et je ne voulais pas prendre du retard. Je vais être assez occupée et ça me donnera plus de flexibilité », mentionne celle qui se dirige vers une carrière en droit, si elle ne peut gagner sa vie en jouant au water-polo.

« Dans la bulle »

La Montréalaise poursuivra son entraînement avec les athlètes de l’équipe féminine canadienne dans l’espoir de se tailler un poste parmi les quelque 13 joueuses qui représenteront la nation aux JO de Tokyo. La gardienne de 22 ans a d’ailleurs pu renouer avec ses comparses pour la première fois depuis le début de la pandémie à l’occasion d’un « camp-bulle », qui réunit les joueuses qui sont restées au pays et qui se déroule à Sherbrooke, jusqu’à lundi prochain.

« Quelques filles sont parties pour l’Europe pour jouer leur saison professionnelle, mais Water Polo Canada a organisé un camp spécial pour que nous puissions pratiquer ensemble. Nous avons passé deux tests pour la COVID-19 en plus de nous isoler pendant 14 jours afin qu’il n’y ait aucun risque », note-t-elle.

« C’est plaisant de pouvoir revoir les filles et de s’entraîner ensemble. Surtout après les derniers mois! Tout se déroule sans contact et nous avons surtout fait du conditionnement et des exercices de passes et de lancers. C’est un bon début. »

Ainsi, Clara Vulpisi en aura plein les bras au cours des prochains mois et des décisions importantes devront être prises concernant ses études, sa probable saison universitaire au printemps et, par-dessus tout, les Jeux olympiques.

Mais comme partout ailleurs, plusieurs questions demeurent sans réponses et c’est pourquoi elle se concentre sur le moment présent, sans se mettre davantage de pression.

« La situation est telle qu’elle est et on ne peut pas la changer. Je vais devoir m’asseoir avec les entraîneurs en décembre ou en janvier pour voir quelle décision je prends. Je pense que c’est faisable de jouer en NCAA et d’aller aux Olympiques si la situation s’améliore, mais rien n’est clair présentement. En attendant, j’y vais un jour à la fois et on verra où tout ça nous mènera. »