Patinage de vitesse longue piste – Semaine nationale des entraîneurs

Gregor Jelonek : guidé par la passion

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Dave Holland CSI Calgary Photos 
Gregor Jelonek

Montréal, 21 septembre 2020 (Sportcom) – « Un coach qui n’a pas la passion, ça paraît ! L’athlète, avec toutes les énergies qu’il met, mérite d’avoir un entraîneur passionné et je me fais un devoir de l’être avec tous ceux que j’entraîne », mentionne d’entrée de jeu Gregor Jelonek, qui dévoue sa vie au patinage de vitesse longue piste depuis plus de trois décennies, 26 ans en tant qu’entraîneur.

Dans le cadre de la Semaine nationale des entraîneurs, Sportcom présente jusqu’à vendredi une série de textes portant sur le travail de personnalités qui s’investissent pleinement pour leurs athlètes dans différents sports, différents milieux.

Après une carrière d’athlète l’ayant mené jusqu’à une 23e place au 1500 m des Jeux olympiques de Calgary, en 1988, le Montréalais d’origine a poursuivi des études en éducation physique, tout en faisant ses débuts comme entraîneur au club local de Cap-Rouge.

Le début d’une belle et longue épopée pour le quadruple gagnant du titre d’entraîneur de l’année de Patinage de vitesse Canada (2000, 2012, 2016 et 2020), qui continue de mener les patineurs de la Belle Province vers les plus hauts sommets de leur sport.

L’humain avant tout

Une panoplie d’athlètes aux talents et aux caractères différents sont passés par le Centre national d’entraînement Gaétan-Boucher au fil des ans, ce qui a permis à Jelonek de parfaire ses méthodes d’enseignement pour en arriver à l’excellence. Le tout en misant sur une approche axée sur l’individu d’abord.

Issu du milieu du patinage de vitesse courte piste, David La Rue peut attester du travail de Jelonek, avec qui il s’exerce depuis 2016.

« Ça m’a marqué à quel point il est ouvert d’esprit ! Pour lui, tous les athlètes se développent de manière différente, alors il va écouter toutes les options possibles. Il adapte toujours les entraînements en fonction de ses athlètes », affirme La Rue au sujet de celui qui a grandement facilité son adaptation à sa nouvelle discipline.

« Il met beaucoup de lui dans tout ce dans quoi il s’implique. Ça demande plus de gestion, mais ça fait une grosse différence et c’est apprécié. »

Même son de cloche pour Laurent Dubreuil qui travaille en compagnie de Jelonek depuis plus de 12 ans. « L’aspect humain passe avant l’aspect performance et ça nous garde motivés, parce qu’il nous fait confiance », soutient celui qui a connu la meilleure campagne de sa carrière en 2019-2020, avec un total de cinq podiums internationaux.

« J’aime mes patineurs, mais surtout l’humain avant l’athlète. Pour moi, le patin est juste un aspect de leur vie et c’est important de bien comprendre leur réalité. J’essaie de leur apporter des choses qui leur seront utiles sur la glace et pour leur futur », précise celui qui occupe un poste d’entraîneur-chef de l’équipe nationale depuis 2011.

Toujours aussi intense

Intensité, voilà un qualificatif qui revient à tout coup lorsque l’on aborde le travail de Jelonek tant sur la patinoire, qu’à l’extérieur. De nature plutôt réservée, le principal intéressé ne se cache pas pour dire qu’il a son côté plus frénétique.

« Oui, c’est vrai, ça fait partie de ma personnalité. Je suis passionné et par la bande, assez intense », lance-t-il avec une pointe d’humour.

« Des fois, ça peut prendre du temps pour s’habituer », renchérit Laurent Dubreuil, qui conserve plusieurs anecdotes ponctuées de l’intensité de Jelonek, dont une qui date de sa plus tendre enfance.

« Il est un ami de la famille depuis toujours et mon premier souvenir de lui date de 1998, raconte le Lévisien. Il était venu écouter la finale de la Coupe du monde de soccer à la maison et la France, pays d’origine de son père, avait gagné. Je me rappelle encore à quel point il était intense pendant le match. Assez pour avoir peur de lui pendant au moins 10 ans ! » ajoute-t-il à la blague.

La relation entre les deux hommes a toutefois bien changé depuis, laissant place à une belle collaboration et à un esprit de fraternité. « Dès que je suis entré au Centre national à 16 ans, j’ai appris à le connaître et à travailler avec lui. Il est 100 % authentique et c’est une de ses bonnes qualités. On ne tourne pas autour du pot et on est là pour travailler », poursuit Dubreuil, qui a même demandé à Jelonek d’être le parrain de sa petite fille, Rose.

« Il est apprécié de tous et la plupart des patineurs gardent contact avec lui, même après leur retraite. Pour moi, Gregor est ce qui se rapproche le plus d’un deuxième père et je suis très content qu’il ait accepté », confie Dubreuil.

Aller jusqu’au bout

Appelé à commenter les succès obtenus par ses patineurs au cours des dernières saisons, Gregor Jelonek fait preuve d’humilité, préférant rappeler que le plus gros du travail est effectué par les athlètes eux-mêmes.

« Comme dans plusieurs sports, c’est un cycle et ils arrivent à maturité ensemble au niveau de la performance. Quand tu vois un membre du groupe gagner, ça te pousse, alors c’est certainement une des nombreuses raisons du succès. Il y a une belle chimie entre eux et c’est plaisant à voir », explique celui qui a pris part à quatre Jeux olympiques en tant qu’entraîneur.

De son côté, Laurent Dubreuil n’hésite pas à rendre le crédit au maître d’orchestre de la délégation québécoise qui compte également Alex Boisvert-Lacroix et Antoine Gélinas-Beaulieu, pour ne nommer que ceux-là, parmi ses rangs.

« Ça part d’en haut et il y a assurément beaucoup de Gregor dans nos bons résultats. Il partage sa passion avec nous et c’est contagieux dans les entraînements. On se pousse tous vers le haut. C’est vrai avec nos partenaires d’entraînement, mais aussi avec les entraîneurs. C’est totalement cliché, mais on a le goût de se battre pour lui. »

Pour l’heure, Gregor Jelonek ne voit pas le moment où il accrochera son sifflet, mais il peut toujours compter sur plusieurs bonnes sources de motivation telles que les JO de Pékin, le commencement d’un nouveau cycle olympique et la réouverture prochaine du Centre des glaces de Québec.

« Tant que la passion est là, je vais continuer. J’aurai 53 ans à Pékin, ce qui n’est pas si vieux, mais je dois avoir autant d’énergie. J’ai eu des années très chargées et ça paraît, mais j’aimerais peut-être faire un autre cycle pour entraîner dans un environnement stable à Québec », indique-t-il, tout en usant de sagesse.

« Par contre, je ne m’éterniserai pas. Si je sens que la passion ou l’énergie ne sont plus là, je vais laisser la place à quelqu’un de plus passionné. »