Squash

La motivation est la clé pour David Baillargeon

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Steve Cubbins 
David Baillargeon

Montréal, 27 octobre 2020 (Sportcom) – À Montréal, David Baillargeon participe à des entraînements de squash limités en raison de la distance de deux mètres à conserver sur le terrain. Ce joueur classé parmi les 100 meilleurs au monde n’a pas participé à un tournoi en plus de huit mois. Totalement dédié à son sport, il concentre ses efforts dans le but de gagner un premier titre de champion canadien quand l’action reprendra.

Baillargeon échange avec un groupe restreint de partenaires. Occupant chacun un côté du terrain, ou se plaçant à l’avant et à l’arrière, l’athlète de 24 ans et son entraîneur Yvon Provençal travaillent sur des aspects techniques depuis des semaines.

« Au squash, la distanciation de deux mètres, ce n’est pas l’idéal, résume-t-il. On est loin de l’aspect réaliste des parties. »

Le joueur originaire de Lévis s’accroche à l’espoir de participer à la Coupe Nash, l’un des tournois les plus importants au pays. Le gouvernement ontarien doit toutefois donner son aval pour qu’il soit présenté comme prévu du 12 au 14 novembre à London.

« Je dirais qu’il y a 50 % de chance que ça arrive », dit-il en précisant attendre la confirmation de l’organisateur. « Ce n’est pas réjouissant d’entendre ça, mais on ne contrôle pas ça. »

David Baillargeon, 91e raquette mondiale, admet que les exercices restreints et l’entraînement, qui s’est été limité un certain temps à de la course à pied, a pu avoir un impact sur le moral des joueurs.

« J’ai l’impression que ceux qui sont vraiment dédiés et motivés vont se démarquer dans ce tournoi-là. Pour moi, et tout le monde, je pense, c’était facile au début. Après un mois ou deux, on s’entraînait et on se disait que ça allait repartir bientôt. Mais après sept mois, tout est toujours repoussé et ça devient plus difficile », affirme-t-il.

Au début du mois de septembre, Squash Canada a annoncé l'annulation des Championnats canadiens 2020. Le calendrier reste à déterminer pour 2021.

Des inscriptions limitées

Sur la scène internationale, trois importants tournois ont été présentés cet automne, les deux plus récents en Égypte et comme pour certains circuits professionnels, les joueurs s’étaient installés dans une bulle. Toutefois, seulement 48 joueurs parmi les mieux classés au monde font partie de ces compétitions.

Les tournois dans la catégorie Challenger se font plus rares et seuls les joueurs locaux ou d’un pays frontalier peuvent y prendre part. D’ailleurs, il n’y en a pas eu en Amérique du Nord depuis le début du confinement.

L’Association professionnelle de squash a toutefois apporté quelques changements durant la pandémie pour éviter de pénaliser des joueurs au classement mondial. Par exemple, seuls les dix meilleurs résultats de la dernière année de compétition sont comptabilisés, une réduction par rapport à la normale.

Songer à la retraite

Pour les joueurs classés entre le 60e et le 120e rang mondial de la Professionnal Squash Association (PSA), gagner sa vie grâce au sport n’est pas toujours chose facile. Cet arrêt des compétitions pourrait sonner le glas pour plusieurs d’entre eux, selon David Baillargeon.

« Il faut souvent avoir une autre source de revenus en même temps. En Amérique du Nord, des joueurs donnent un peu de leçons. En Europe, il y a plus de ligues, mais plusieurs joueurs ne roulent pas sur l’or et beaucoup auront de la misère sans soutien gouvernemental, comme au Canada, où les brevets nous aident à avoir un revenu stable. D’autres joueurs qui ont un diplôme universitaire voudront peut-être aller vers autre chose », explique-t-il.

Il dit y avoir pensé un peu lui-même, mais l’étudiant en comptabilité et finances à l’Université TÉLUQ assure que le temps de poser sa raquette n’est pas venu.

« Il y a quelques objectifs que j’aimerais atteindre avant. Je veux gagner le Championnat canadien et aller à de Grands Jeux comme les Jeux panaméricains et les Jeux du Commonwealth. Ça me donne une raison de continuer à jouer ou à m’entraîner. »